Notre-Dame-Aux Ecailles – Mélanie Fazi

Notre-Dame-aux-Écailles

Note : 4/5

Thème :  recueil de nouvelles à la limite entre la réalité et l’imaginaire

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 Présentation :

Saviez-vous qu’à Venise, qui vole des soupirs encourt la vengeance de la ville ? Connaissez-vous vos plus sensuelles métamorphoses, lorsque vous êtes loup, lorsque vous devenez lionne ? Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ?
Partez à la découverte des troubles secrets de l’âme et des lieux les plus hantés : une villa qui palpite de vies enfuies, l’océan dont certains ne reviennent plus tout à fait humains, ou encore ce train de nuit qu’empruntent ceux qui cherchent l’oubli…
Mais attention : de ces voyages intimes et inquiétants, on ne rentre pas indemne.

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Mon avis :

Je reviens ENFIN après un mois d’absence sur la blogoshère avec une critique d’un recueil lu il y a plus d’un mois maintenant mais que j’avais beaucoup apprécié. Je voulais le lire depuis longtemps, mon intérêt piqué par les ambiances troubles et étranges qui semblaient être le mot d’ordre de ces nouvelles.

Je n’ai pas été déçue sur ce point ! Mélanie Fazi a un don pour rendre fascinant, sensuel, déstabilisant et un brin angoissant des lieux connus de tous en y injectant quelques touches de surnaturel et de mystère.

Dans toutes les nouvelles, la limite entre la réalité et l’imaginaire est floue et souvent dévoilée au fur et à mesure. Tout commence normalement puis vient s’insérer un fait étonnant qui s’affirme de plus en plus et se dévoile totalement à la fin de la nouvelle. De quoi recommencer à croire aux fantômes, et autres esprits ! L’auteure aime jouer avec nos émotions et quelques fois nos peurs. Des nouvelles assez psycho en fin de compte, qui brouille pas mal notre vision de la réalité.

La Cité travestie : La belle ville de Venise semble habitée par une âme qui vole des soupirs et demande un tribu à ceux qui les prennent à sa place.  Récit d’un voleur de Soupirs… La ville romantique par excellence nous apparaît sous un autre jour, qui fait légèrement froid dans le dos.

En forme de dragon : Une des nouvelles avec lesquelles j’ai le moins accrochée. Les dessins d’un père d’une petite filles disparaissent au son d’une musique qui se fait entendre tous les soirs. Une seule façon de l’arrêter : trouver le dessin qui correspondra à la musique, sera son essence même, transcrite sur une feuille de papier.

Langage de la peau : Très courte nouvelle qu’on peine à cerner jusqu’à ce qu’on arrive vers la fin. Le mythe du loup garou revisité (en tout cas c’est mon interprétation, à vous de vous faire la votre) Maître mot : laisser parler vos instincts animaux.

Le Train de Nuit : une de mes nouvelles favorites du recueil bien que ce soit une des plus sombres : Une femme monte à bord du Train de Nuit, le train de ceux qui veulent quitter la réalité, laisser leur vie derrière, en un mot oublier. A elle se présentera plusieurs choix : rester dans le train de nuit et sombrer dans un sommeil infini comme la plupart des passagers, redescendre ou errer éveillée dans le train jusqu’à ce que son choix soit arrêté.

Les Cinq Soirs du Lion : Une jeune femme se retrouve face à son animal totem : un lion. Elle doit plonger au fond d’elle même pour comprendre cette signification, faire un travail sur elle même, plonger dans ses souvenirs. Résoudre l’énigme… Une nouvelle plutôt étrange sur la force de l’inconscient vis à vis de nos souvenirs.

La Danse au bord du fleuve : encore une nouvelle que j’ai beaucoup aimé. Rien de plus à ajouter qu ce qu’en donne le résumé : “Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ?” Nouvelle très sensuelle. Enjoy.

Villa Rosalie : une nouvelle assez fraîche par rapport aux autres du recueil : un homme est le gardien d’une villa dont chaque pièce contient l’âme d’une femme. Nous partons à la découverte de leurs gouts et de leur personnalité grâce au tour de la maison que le narrateur effectue.

Le Nœud Cajun : Surement la nouvelle qui devient la glauque au fur et à mesure qu’on avance. Au début simple fait peu anodin, plus on avance plus on se rend compte qu’il se passe des choses pas nettes. Le thème n’est pas le plus original du recueil mais c’est certainement la fin la plus oppressante ! Il s’agit d’une famille d’un village d’Alabama qui commence à perdre les pédales lorsque la femme, enceinte jusqu’au yeux, arrive à terme de sa grossesse. Vaudou, démon et boucle dans le temps au programme. Aussi une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée.

Notre Dame Aux Écailles : une femme se trouve une ressemblance frappante avec une statue du jardin de ses beaux parents. Je n’ai pas trop accrochée avec cette nouvelle, qui donne son nom au recueil.

Mardi Gras : Dans la ville ravagée de La Nouvelle Orléans, après le passage d’un ouragan, la fête bat son plein. Au cœur de la foule, des personnes masquées  vous entraînent dans les endroits sombres de la ville, loin des lumières de la fête. Dans les quartiers les plus ravagés, ne semblant habités que par des fantômes. Une nouvelle agréable, bien qu’assez prévisible (la seule !). Seule l’identité des Masques est restée longtemps un mystère.

Noces d’écume : Après une journée de pêche, 4 hommes se transforment peu à peu en êtres de l’eau, ne vivant que pour la mer et ne semblant plus se soucier de rien ni même se rendre compte du reste du monde qui les entoure.  De loin la nouvelle la plus dérangeante à mon gout (surement une question de ressenti, je suis sure que ça ne sera pas l’avis de tout le monde). Elle m’a mise franchement mal à l’aise. J’ai été contente en arrivant à la fin.

Fantômes d’épingles : Une jeune femme se rend compte qu’elle ne ressent plus la moindre émotion, ni même de la tristesse lors de la mort de son ami d’enfance. Elle incrimine une poupée dans laquelle elle plantait, plus jeune, une épingle à chaque fois qu’elle était triste… La nouvelle que j’ai le moins aimé. Assez déprimante.

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 La conclusion de la guenon :

Recueil plutôt sombre finalement, cela ne m’a pas empêché de beaucoup l’apprécier pour son originalité et sa subtilité. Soyez prêts à vous jeter dans des eaux troubles ! Une très belle écriture, tout en subtilité et très poétique.

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Lu pour :

globreaderschallenge >Venise (La Cité Travestie), Espagne (La danse au bord du fleuve), Alabama (le Noeud Cajun), La Nouvelle-Orléans (Mardi Gras)

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L’Etrange disparition d’Esme Lennox – Maggie O’Farrell

Couverture L'étrange disparition d'Esme Lennox

Note : 3.5/5

Thème :  secret et honte de familles mis à jour 50 ans après le drame

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 Présentation :

A Edimbourg, un asile ferme ses portes, laissant ses archives et quelques figures oubliées resurgir à la surface du monde. Parmi ces anonymes se trouve Esme, internée depuis plus de soixante ans et oubliée des siens. Une situation intolérable pour Iris qui découvre avec effroi l’existence de cette grand-tante inconnue. Quelles obscures raisons ont pu plonger la jeune Esme, alors âgée de seize ans, dans les abysses de l’isolement ? Quelle souffrance se cache derrière ce visage rêveur, baigné du souvenir d’une enfance douloureuse ? De l’amitié naissante des deux femmes émergent des secrets inavouables ainsi qu’une interrogation commune : peut-on réellement échapper aux fantômes de son passé ?

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Mon avis :

J’ai lu ce livre car pensais retourner dans une ambiance comme dans le film The Magdalene Sisters, traitant de la vie de jeunes filles dans des couvents de ‘redressement’ où elles se sont retrouvées pour avoir fait un clin d’oeil à un jeune homme ou pire, après avoir été violée. Mais en fait ce livre ne détaille pas cette vie, bien qu’il y  ait pas mal de suggestions à la vie dans ces ‘asiles d’aliénés’.

L’histoire se centre principalement sur ce qui a conduit une vieille femme à se retrouver dans cet asile pour 50 ans… et que sa famille ait totalement caché son existence. La petite nièce de cette femme va faire sa connaissance et la sortir du vieil établissement. Elle est étonnée de la bonne santé d’esprit de la vieille femme et au cours des discussions des deux femmes, on apprend l’histoire d’Esme Lennox.

L’histoire alterne entre des chapitres se déroulant lors de la jeunesse d’Esme et d’autres centrés sur Iris, la petite nièce. Ceux dans le passé ne sont pas dans l’ordre ce qui permet de brouiller les pistes. Mais avec un peu d’imagination et une lecture acérée, on perce le secret assez vite. En tout cas ça été mon cas. Donc pas de grandes surprises de ce côté là. Ce qui est intéressant c’est la psychologie des personnages, notamment la soeur d’Esme, que je trouve très intéressante. Comment quelqu’un de bien peut basculer dans la mesquinerie en gros pour garder la face. Et j’ai aussi beaucoup apprécié la fraîcheur et la spontanéité de la jeune Esme. D’ailleurs trop pour l’époque, car cela lui causera des ennuis.

Un autre point que j’ai trouvé intéressant et qui est en filigrane dans ce roman : l’effet miroir entre Esme et Iris. C’est à peine perceptible et le lien n’est pas dit explicitement mais si on se fie à la psychologie des personnages, on se rend compte que le secret de famille a eu une répercutions inconsistante sur la vie d’Iris. C’est peut être moi qui analyse trop ou qui voit trop de liens mais je suis presque sure que c’était l’intention de l’auteur car elle met un point d’honneur à nous décrire certains points de la vie d’Iris qui ne semblent pas en lien avec l’intrigue principale. Or je pense que cela n’est pas fait au hasard car si on regarde bien, Esme comme Iris entretiennent des relations très étrange avec leur fratrie, souvent fausses et mensongères pour ‘sauver les apparences’. Dans les deux cas la soeur (pour Esme) et le frère (pour Iris) se sont aussi cachés derrière un époux/épouse en carton pour essayer de se convaincre eux même qu’ils mènent un vie on ne peut plus normale. Je ne vous en dis pas plus. Si jamais vous avez lu le livre, dites moi si vous avez ressenti la même chose. Et si vous ne l’avez pas lu, prêtez attention à ce point durant votre lecture 😉

Dommage par contre que cet aspect ne soit pas plus mis en lumière. Dommage également que le pot au rose se devine aussi facilement.

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 La conclusion de la guenon :

Un bon livre sur les secrets de famille et leur répercutions. Il est aussi un bon témoignage de la vision étriquée et abusive de cette époque vis à vis des femmes particulièrement. Une lecture agréable.

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Lu pour :

 abc2013 globreaderschallenge >Ecosse

Avancée de mes challenges mi-année 2013

Les vacances pointant leur nez à la fin de la semaine, le temps est venu de faire un récapitulatif de mes challenges, où j’en suis, ceux que j’ai avancé, ceux qui piétinent… et ceux qui sont finis (si je vous jure, il y en a !). Bon normalement il aurait été plus logique de faire un point au milieu de l’année donc en juin mais moi tant que je ne suis pas en vacances d’été, la première moitié de l’année n’est pas finie. Bon j’arrête de tergiverser et je vous le fait ce petit résumé ?

En 2013 je me suis lancée dans 8 nouveaux challenges (4 + le baby challenge de LA dans 4 catégories). 4 challenges étaient en cours depuis l’année précédente, ce qui me fait en tout 12 challenges en cours.

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Les challenges commencés avant 2013

logofindeserieTout d’abord, le plus ancien et surement celui où je piétine le plus : Fin de Série. Je suis très forte pour commencer les sagas et très nulle pour les finir. Donc je n’avance pas, je ne fais même pas du sur place, je recule ! Misère de misère. En 2013 j’ai lu 5 livres pour ce challenge, ce qui m’a permis de finir une saga, celle de Percy Jackson, wouhou ! Plus que 27 à finir (dont 9 à carrément commencer !). Souhaitez moi bonne chance…

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Le challenge suivant est celui sur les Romans Cultes. Je me suis inscrite dans la catégorie ou il ne fallait lire que 6 livres. En 2012 j’en ai lu 1. EN 2013 j’en ai lu 0 ! Oui vous pouvez le dire, c’est archi minable, surtout que sur les 5 qu’il me reste à lire 4 sont dans ma PAL depuis belle lurette. Je n’ai aucune excuse. En fait ceux que j’avais sélectionné à l’époque ne me tentent pas plus que ça actuellement. J’attends le moment où l’envie reviendra…

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Enfin une bonne nouvelle avec le challenge qui suit. Je l’ai fini en juin ! Je suis fière de moi car je crois que c’est le premier challenge que je finis dans les temps à part les reading challenge de GoodReads où pour le moment j’ai toujours réussi de justesse. Il s’agit de… Challenge Jeunesse / Young Adult ! 10 livres au compteur. C’était l’objectif de la catégorie où je m’étais inscrite. Heureusement que je n’ai pas tapé plus haut car je n’ai plus rien dans ma PAL qui soit jeunesse ou YA. J’ai grillé toutes mes cartouches avec ce challenge 🙂

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Et le petit dernier commencé avant 2013 (fin novembre 2012 pour être précise) avance lentement mais surement. Pour ce challenge sur le beau pays d’Irlande, j’ai lu 3 livres – Les 3 lumières, Tristan et Iseult et L’étrange disparition d’Esme Lennox – et je prévois d’en lire deux autres durant mes vacances – Les dames à la licorne et le livre des choses perdues. J’ai aussi fait 4 billets sur la culture irlandaise pour ce challenge : 2 sur la musique et 2 sur les films The Magdalene Sisters et Au Nom du Père.

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Challenges de 2013

2013 Reading ChallengeLe premier incontournable que je renouvelle chaque année : le reading Challenge 2013 sur GoodReads. J’ai réussi ceux des deux années précédentes et je pense arriver à finir celui de cette année. J’ai pour but de lire 41 livres dans l’année (41 étant le nombre de livres que j’ai lus en 2011 et 2012 donc je veux garder le rythme) et j’en suis actuellement à 32. Plus que 9. Je crois pouvoir le faire 🙂 J’espère bien sûr dépasser mes objectifs et surtout dépasser le nombre de pages lues les années précédentes. Pour l’instant le record est détenu pour 2011 avec 14 985 pages. J’en suis actuellement à 11 088. Yes, I can do it ! 🙂

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abc2013Deuxième incontournable : le challenge ABC (à ma sauce, pour que je puisse tricher si je suis trop bloquée mouhahahaha). Cette année je vais peut être y arriver. Sachez que j’échoue à chaque fois à cause d’une ou plusieurs lettres chiantes à trouver comme X,Y,Q, bref vous voyez. Je suis actuellement à 22/26. Il me reste les lettres A, I, Q et Y. Même si cela fait 3 lettres compliquées, la bonne nouvelle est que pour le Y, j’ai trouvé, il faut juste que je le lise. Et c’est la première fois qu je suis autant avancée dans ce challenge à ce moment de l’année. Par contre pour les autres lettres j’ai actuellement mis des livres mais je ne suis pas sure de les garder car je ne suis pas très convaincue de mes choix. Si vous avez de bonnes suggestions, je suis preneuse.

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babychallange 2013A présent, voici THE challenge. Aussi appelé le challenge 4 en 1. Le baby challenge de LA. Je suis inscrite en Classique, Drame, Contemporain et BD avec respectivement les scores de 11/20, 5/20, 6/20 et 4/20.  Mon objectif (illusoire très probablement) était 16/20 en Classique, 12/20 en Drame et 8/20 en Contemporain et BD. Ce qui me fait encore 18 livres à lire… euh ouais y a encore du boulot. C’est pas terrible terrible mais c’est pas si mauvais que ça non ?

challenge-des-100-livres-chez-bianca.

 Un challenge super, mijoté par Bianca : Les 100 livres à avoir lus dans sa vie. Les livres sélectionnés ont été choisis par le blogueurs. Et bien sachez que j’ai déjà lu 40 livres sur les 100 proposés. C’est pas si mal pour ma culture générale ça. Et 6 autres sont dans ma PAL. J’approche donc du 50%, ce qui à mon sens sera un score déjà bien honorable sachant que la plupart des participants avoisine 25%.

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globreaderschallengeEt le petit dernier : le challenge Globe Readers. J’ai déjà chroniqué 2 escales mais en vérité j’ai fait 5 escales déjà. Je suis allée en Angleterre (2 fois), en Alabama, à Istanbul et en Ecosse. Je ne vous en dit pas plus et vous laisse découvrir ces endroit à travers mes critiques parues ou à paraître.

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Je compte bien profiter des vacances pour avancer dans tous ces challenges. D’ailleurs tous les livres dans ma valise appartiennent à au moins un challenge. Et vous, où en êtes vous de vos challenges ?

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

Couverture Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Note : 5/5

Thème : Vie romancée de Michel Ange lors de son voyage à Constantinople. Poétique

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 Présentation :

13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu’il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l’invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d’un pont sur la Corne d’Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l’étrangeté byzantine, Michel Ange, l’homme de la Renaissance, esquisse avec l’Orient un sublime rendez-vous manqué.

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Mon avis :

Après plus de 3 ans dans ma Wishlist, quelle bonne surprise de découvrir ce petit livre dans le paquet offert par Mina ! Aussitôt reçu aussitôt lu (mais pas aussitôt chroniqué, herm…). Je suis enchantée de cette découverte et Mina  a vraiment fait un bon choix : j’ai adoré ! Et, chose rare, j’ai même noté des citations dans le livre, chose que je réserve aux livres où je trouve une phrase ou un passage particulièrement beau et véridique. Sachez qu’en gros j’ai marqué des citations pour environ 10 livres dans ma vie, c’est dire ci celui ci m’a plu !

Ayant visité Istanbul l’année dernière ça a été un plaisir de redécouvrir ces lieux avec une vision d’il y a quelques siècles mais les plus beaux monuments cités sont toujours là et je revoyais la beauté de Sainte Sophie ou de Topkapi en lisant ces pages.

Je dois dire qu’au début j’ai été étonnée du choix de l’auteur de centraliser son histoire sur une personne historique, Michel Ange, surtout que j’ignorais totalement qu’il était allé à Istanbul. Je connais très peu de choses sur cet artiste et je craignais que l’auteur ne fasse trop de référence à son oeuvre ou sa vie sans que je ne comprenne. Mais en fait pas du tout, j’ai eu l’impression qu’il s’est servi de Michel Ange pour canaliser l’essence de l’art, nous faire découvrir cette ville “exotique” pour les européens, ses quartiers, ses coutumes, ses ambiances et ses habitants. Le résultat est sublime et Mathias Enard est un véritable poète. Que ce soit les réflexions sur le ressenti de l’art par Michel Ange, les pensées profondes de la belle danseuse dont notre peintre florentin s’éprend ou encore sa manière de nous dévoiler les sentiments de ses personnages, tout en douceur, on est totalement envoûté par sa plume.

Je ne voudrais pas en dire trop mais j’ai adoré la relation qui se créé entre Michel Ange et Mesihi, un poète turque protégé du vizir de l’époque. J’ai trouvé leur histoire très belle et en même temps très triste. Sans hésiter, c’est bien elle qui donne 5/5 à ce petit livre.

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 La conclusion de la guenon :

Une magnifique découverte de Constantinople à la renaissance du point de vue d’un des plus grand artiste de l’époque. J’ai été envoûtée par la poésie qui se dégage de l’écriture de l’auteur et rien que pour cela je le conseille fortement ! Une de mes plus belles lectures de 2013 !

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Lu pour :

abc2013 globreaderschallenge > Constantinople (aujourd’hui Istanbul)

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Le petit plus :

Comme dit dans ma critique, voici en exclu des citations qui m’ont beaucoup plu :

Réflexion de la belle danseuse :

Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et de temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d’éléphants et d’êtres merveilleux; en leur racontant le bonheur qu’il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l’amour, l’amour, cette promesse d’oubli et de satiété.

Pensée sur l’art :

Combien faudra-t-il d’œuvres d’art pour mettre la beauté dans le monde?

Citation diverse :

Souvent on souhaite la répétition des choses ; on désire revivre un moment échappé, revenir sur un geste manqué ou une parole non prononcée ; on s’efforce de retrouver les sons restés dans la gorge, la caresse que l’on n’a pas osé donner, le serrement de poitrine disparu à jamais.

Et puis, Paulette… – Barbara Constantine

Couverture Et puis, Paulette...

Note : 4/5

Thème : Les petits vieux en colloc’ ça donne ça

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 Présentation :

Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. À l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas…
Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette…

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Mon avis :

Un petit livre bien sympathique avec lequel j’ai passé un bon moment. L’écriture simple et les chapitre courts rendent le livre très reposant et parfait pour la plage.

J’ai découvert cette auteure grâce à ce livre et je dois dire que c’est une bonne surprise. Le choix de centrer son histoire sur le quotidien de petits vieux est un pari osé mais réussi. On s’attache à tous ces papys gâteaux-gâteux, leur entre-aide, et leur relations avec les plus jeunes. Je dirais que ça donne presque envie d’aller faire une visite à Papy-Mamie et de les découvrir sous un autre jour.

L’histoire est simple : Ferdinand se retrouve seule dans sa grande ferme qu’il trouve bien vide depuis que son fils et sa famille ont déménagé. De fils en aiguille ca va devenir la demeure de tous les laissés pour compte du coin : le vieille voisine qui n’a plus de toit, les deux vieilles soeurs qui commencent à souffrir sérieusement d’Alzheimer ou encore l’ami d’enfance veuf tout récemment. On s’attache à tout ce petit monde marqué par les années et les épreuves qui ne sont pas au bouts de leur surprises.

Bref c’est frais, tendre et simple. Je conseille.

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 La conclusion de la guenon :

Un joli petit hymne à la tolérance et à l’esprit de famille et d’entre aide qui semble sans age : l’histoire pourrait très bien se apsser aujourd’hui comme il y a 40 ans (les noms des personnages renforçant cet effet).

 

Top Ten Tuesday #96

Le rendez-vous Top Ten Tuesday (abrégé TTT) permet de lister 10 livres sur un thème donné. TTT a été mis en place par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

toptentuesday96

Les 10 thèmes ou mots du titre qui ne vous font surtout pas acheter le livre

  1. La bit lit : les série avec une belle fille en gros plan avec des canines ou truc du genre c’est rédhibitoire ! Et même si la couverture passe quand on voit des titre du genre “Un Vampire amoureux”, heu non quoi. Twilight version 45, y’en a marre !
  2. Les essais :  mon genre de prédilection est les romans. Les livres donnant une réflexions philosophique sur tel ou tel sujet m’endorment
  3. La chick lit : bien que des fois je fasse de rares exceptions, le plus souvent je fuis ces romans. Les célib de 30 ans dans le vent à NYC, c’est souvent clichés et répétitif.
  4. Les (auto)biographies : à part si la personne présente un quelconque intérêt à mes yeux au point de connaitre sa vie (c’est un dire 0.001% des biographies), ce genre ne m’attire pas du tout. J’ai toujours cette impression de livres “orgueilleux” surtout quand il s’agit d’une autobiographie.
  5. Les romans à l’eau de rose : déjà les livres de romance, il faut vraiment que ca vaille le coup pour que je les tente mais alors en plus si c’est à l’eau de rose et cucul comme pas permis, NON !
  6. Les mangas : même si j’en ai lu 2-3 étant plus jeune (Alice 19th, Death Note et les premiers Naruto), cela reste assez exceptionnel. C’est le genre de livres qui ne m’attire pas du tout au premier abord (même si j’avais adoré Death Note au final). Il y en a bcp trop, j’ai souvent l’impression que les histoire sont cucul et les dessins vraiment pas soignées dans la plupart des cas. Et puis les persos sont tellement caricaturaux (autant physiquement que mentalement) que je trouve les diversités des personnalités très limitées en général. Idem pour les intrigues : c’est souvent les même filons qui sont exploités. Et puis les perso “je lui change sa coupe de cheveux et c’est un autre perso”… euh non quoi.  Ah oui et puis dès que je vois une image mangas sur un blog (blog littéraire par exemple…), ça a le don de me faire fuir très vite !
  7. les livres premier age : j’y trouverais surement un intérêt quand j’aurai des enfants. Pour le moment, même s’ils sont très visuels, je passe sans regarder, les histoires trop simplistes ne m’intéressent pas
  8. la politique : déjà au JT j’ai du mal, alors un livre complet dessus vous imaginez ?!
  9. Ergotisme :  genre 50 nuances de Grey. Bof, pas tentée
  10. Allez un point sur les mots qui ne me font pas acheter un livre : les mots du genre “merveilleux, étrange, extraordinaire, incroyable, secret, malédiction, etc”. Bref vous voyez. C’est du vu, du revu et re-revu (autant que les épisodes de Derrick…) dans la littérature jeunesse et c’est totalement sans originalité !

Nord et Sud – Elizabeth Gaskell

Note : 4/5

Thème : Romance sur fond socio-politique dans l’Angleterre Victorienne.

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 Présentation :

C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Eglise et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

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Mon avis :

Enfin ma chronique sur ce livre que j’ai lu en LC avec Céline (qui, elle, a posté sa critique dans les temps). Que dire sur ce roman ? Beaucoup de choses. Je commencerai par dire que si vous aimer les intrigues à la Jane Austen, Charlotte Brontë et autres du genre, ce livre est pour vous : on retrouve l’écriture recherchée sans être lourde de cette époque.

Côté histoire, disons que la romance n’est pas loin et assez proche de celle d’Orgueil et Préjugés : une jolie jeune femme pas forcément issue d’une très bonne famille qui a le verbe haut et ose dire ce qu’elle pense en face d’un homme d’apparence brusque et distant. Bref vous voyez le tableau.

Ce qui différencie ce roman d’Elizabeth Gaskell de ceux de ses consœurs, c’est le cadre socio-politique bien  plus marqué. Quand dans les autres œuvres, celui-ci sert d’environnement au roman, dans Nord et Sud il y a une véritable réflexion dessus et d’est un des fils conducteurs du récit. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé le fait que l’auteure ne dépeigne aussi bien la noblesse oisive, les bourgeois riches et travailleurs que la classe ouvrière. Cette dernière tranche de la population est trop souvent oubliée des romans de l’époque, comme s’elle ne méritait pas qu’on s’y arrête. L’auteure met en avant les besoins et les intérêts de chacun et nous propose une image de la vie d’alors, sans qu’aucune classe ne soit montrée du doigt comme fautive. J’ai beaucoup aimé cette approche. Thornton représente la bourgeoisie qui a réussi à s’enrichir à force de travail et la famille de Margaret, la petite noblesse sur le déclin. Au cours du roman Margaret va se lier d’amitié avec certains ouvriers et écouter leur revendication non dénuées de sens mais elle sera déchirer entre leur venir en aide et donner raison à Thornton, leur patron, dont les faits et gestes se justifient aussi. Les différences entre le Sud campagnard et le Nord industriel de l’Angleterre (que personnellement je n’avais jamais perçu jusque là) sont aussi la fibre du roman et le nœud d’incompréhension entre le 2 personnages principaux au départ.

Et au milieu de tout cela, vous vous en doutez, la relation entre Margaret et John Thornton va jouer un rôle phare. Au début ils ne s’entendent pas, mais alors pas du tout et puis au fur et à mesure que le roman avance, la vision qu’ils ont l’un de l’autre change progressivement.

Une belle écriture donc, un cadre très intéressant et des personnages attachants malgré leurs défauts. J’ai donc beaucoup aimé mais, car il y a un « mais », tout n’est pas parfait non plus. Je dois avouer que le personnage de Margaret m’a plus d’une fois agacée. Son côté hautain donnait envie de lui mettre des baffes par moment même si les autres aspects de sa personnalité sont très louables (fille dévouée, intelligente, plein de compassion, etc.). Alors que je n’ai pas ressenti cela une seconde pour Thornton, au contraire ce personnage se dévoile au fur et à mesure du roman et on s’y attache de plus en plus. Dans le genre, il fait penser à Darcy. Il y a aussi  certains passages traînaient parfois en longueur. Je me suis surprise des fois à avoir envie de sauter des pages pour aller à la scène suivante. Par exemple, les moments où l’auteure décrivait les journées moroses du vieux pasteur et tous les soins de sa fille pour lui redonner le moral ont fini par m’agacer car j’avais l’impression d’avoir toujours la même mélodie qui revenait en boucle (pauvre pasteur dépité et sa fille dévouée qui fait tout pour lui, blablabla, oui bon ça va on a  compris ^^). C’est qu’il avait souvent le moral au plus bas le bonhomme .

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 La conclusion de la guenon :

Au final un  bon roman de l’époque victorienne avec toutes les particularité des récits de cette période. Le mise en place petit à petit d’une romance est donc obligatoire mais ici le cadre historique tant au niveau de l’organisation sociale entre les classe qu’entre le Nord et le Sud est très marqué et le fil rouge du roman. A lire.

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Lu pour :

challenge-des-100-livres-chez-bianca abc2013 globreaderschallenge > Nord de l’Angleterre, probablement comté du Grand Manchester

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Le petit plus :

Il existe un mini  série TV réalisé en 2004 par la BBC (décidément la BBC produit des bons programmes). Je l’ai regardé avant de lire le livre et je l’ai trouvé plutôt fidèle malgré le choix de l’actrice principale qui me laisse un peu sceptique. Sinon le reste du livre, notamment l’ambiance est très bien retranscrite. En plus, c’est Richard Armitage (vous savez, Thorin dans le Hobbit ; mais en vrai, il est canonesque  🙂 )  qui joue Thornton et rien que pour ça, la série mérite d’être regardée !

Désolée je n’ai pas trouvé de bande annonce en français mais les images parlent d’elles mêmes 🙂

Le bleu est une couleur chaude – Julie Maroh

Couverture Le bleu est une couleur chaude

Note : 4.5/5

Thème : roamnce sur le thème de l’homosexualité féminine et ses tabous

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 Présentation :

La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désirs et lui permettra d’affronter le regard des autres. Un récit tendre et sensible.

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Mon avis :

J’ai lu cette BD dans le cadre du Baby Challenge BD de Livraddict, mon but étant de découvrir les “bests” de la BD, type de lectures que je connais très peu. Parmi les titres proposées, celui ci m’a tout de suite attirée grâce à sa couverture sobre, monochrome et mystérieuse (le personnage sur la couverture est très androgyne et on ne sait pas exactement ce qu’il faut en conclure par exemple) . Quand j’ai vu les notes générales des lecteurs, je n’ai pas hésité et je me suis jetée à l’eau.

Je n’ai pas regretté mon voyage. Les dessins par exemple. Ils sont plein d’émotion et l’aquarelle donne un côté rêveur et romantique. Presque tout est en noir et blanc sauf bien sûr le bleu des cheveux d’Emma et les dernières planches qui sont en couleur. Vous comprendrez pourquoi si vous le lisez.

Côté histoire, j’ai été séduite par la manière dont nous est présenté cette rencontre entre deux jeunes femmes et le cheminement de l’une d’elle vers la découverte de ses véritables désirs. L’homosexualité nous est présentée de manière douce et sans tabou, qui m’a beaucoup plu. L’auteur n’en fait pas des tonnes, elle nous présente simplement les sentiments naissants entre les deux jeunes femmes.

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 .La conclusion de la guenon :

Je ne le dis pas souvent des BD mais : à lire sans hésiter et sans complexes.

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Lu pour :

https://i2.wp.com/imageshack.us/a/img705/4381/bandedessinebadge.png

Challenge des Globe Readers

globereaders

Cela faisait presque trop longtemps que je n’avais pas craqué pour un challenge alors voici le petit nouveau de la liste : Le challenge des Globe Readers, organisé par Books All Around. Le challenge est comme je les aime : sans contrainte de temps, tout type de livres accepté et un thème qui incite à découvrir de nouveaux horizons. L’objectif du challenge est de découvrir toutes sortes de contrées à travers la lecture. En d’autres termes, de voyager et de découvrir le monde sans bouger de son canapé !

Le lieu du récit doit donc être assez clairement défini, qu’il soit réel ou imaginaire, le but étant d’avoir l’impression de voyager 🙂

J’ai choisi la catégorie “Globe Reader du dimanche : 10 livres”, parce que bon, c’est beau de voyager mais c’est que j’ai d’autres challenges sur le feu moi et mieux vaut ne pas voir trop gros 🙂

Je rajouterai au fur et à mesure dans ce billet les livres lus dans le cadre de ce challenge.

globreaderschallenge

L’Affaire Jane Eyre – Jasper Fforde

Note : 5/5

Thème : Enquête dans un passé alternatif et décalé pour sauver les classiques de la littérature

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 Présentation :

Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu’une brigade spéciale a dû être créée pour s’occuper d’affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l’origine des plus folles inventions, on a parfois envie d’un peu plus d’aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l’héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d’une fin certaine…

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Mon avis :

J’ai vraiment été transportée par cette histoire décalée, plein d’humour, d’aventures et… de dodos ! Je découvre à travers ce livre et l’auteur et le genre de l’uchronie et j’ai adoré les deux. Je pense que je re-testerai  (les deux aussi 🙂 )

On suit les péripéties de Thursday Next (je me suis beaucoup amusée avec les noms donnés aux personnages de ce livre), une vétérante de  guerre fonceuse et qui n’a pas sa langue dans sa poche, travaillant au service de l’état chez les OpéSpec dédiés à la littérature, les LittéraTech.

Tout d’abord j’ai adoré l’univers déjanté créé par l’auteur. On nous décrit un monde où le culte des classiques littéraires a remplacé celui de la religion (LE grand débat sur la paternité des œuvres de Shakespeare est un sujet inépuisable), où le Royaume-Uni (qui n’est plus royaume mais une république) est en guerre depuis plus de 100ans en Crimée, où l’on peut faire des sauts dans le temps (si on est habilité bien sûr), où le clonage est à disposition de tous dans les supermarchés (le Dodo est un animal de compagnie très prisé) et où la technologie permet de provoquer une explosion digne de Tchernobyl avec une simple arme à feu. Bref, si on ne nous affirmait pas qu’on est dans les 70, on se croirait dans les années 2100…

Dans cette réalité altérée, évolue notre héroïne casse-cou, qui bientôt devra faire face au Grand Méchant (avec majuscule SVP parce qu’il mérite le titre) Achéron Hadès, un homme qui fait le mal par plaisir… et qui a la particularité de ne pas mourir sous les balles et troubler la vision de la réalité de ses ennemis qui le prendront par exemple pour une vieille dame sans défense (alors qu’en réalité le type en face d’eux ressemble à une armoire à glace). Il découvre que l’oncle de Thursday a inventé un petit bijou : une machine permettant de rentrer dans un livre et d’en modifier son contenu. Achéron s’attèle la tache de changer la fin des grandes œuvres littéraires du monde connu rien que pour bien faire chier les adeptes. Il commence par un manuscrit de Dickens et tue un personnage secondaire, ce qui provoque  l’ire des puristes et un sacré boulot chez les LittéraTech. Thursday se charge personnellement de l’enquête pour sauver son oncle, fait prisonnier par Achéron. Ses alliés : un collègue débutant, un chasseur de vampire et… Mr Rochester !

Les situations, l’humour, les caricatures, la dérision qui se dégagent de se livre font qu’on ne peut s’empêcher d’adorer.  Et pour ne rien gâcher, l’histoire est menée tambour battant, avec une héroïne qui a le punch et un univers original qui en séduira plein d’un.

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La conclusion de la guenon :

Un livre que je conseille, truffé d’humour et au style assez décalé mais plaisant. Entre la science-fiction, le policier, la fantasy et le roman humoristique, cette enquête vous fera traverser l’espace-temps et la limite entre la réalité et la fiction !

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Lu pour :

challenge-des-100-livres-chez-bianca abc2013

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Le petit plus :

En exclusivité, voici le poème cité en début du roman “The Daffodils” de Wordsworth, où au cours du roman la tante de Thursday a été enfermée par Achéron. Je vous le met en anglais car je le trouve plus mélodieux.

I wandered lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils;
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
and twinkle on the Milky Way,
They stretched in never-ending line
along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance,
tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced; but they
Out-did the sparkling waves in glee:
A poet could not but be gay,
in such a jocund company:
I gazed—and gazed—but little thought
what wealth the show to me had brought:

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the daffodils.