Le garçon qui voulait devenir un être humain – Jørn Riel

Note :4/5

Thème :  un jeune Viking perdu se fait adopter par une tribu inuit… et il les adopte aussi

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 Présentation :

Islande, vers l’an mil. Leiv, un jeune Viking dont le père a été assassiné, est farouchement déterminé à laver ce meurtre dans le sang. Il embarque clandestinement à bord d’un drakkar en partance pour le Groenland. Mais un tel voyage est périlleux, et semé d’imprévus. C’est dès lors un destin inattendu qui attend Leiv, avec la découverte d’un autre peuple, les Inuit, et l’apprentissage de la tolérance et de l’amitié.

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Mon avis :

Bonne pioche ! Il m’arrive parfois de faire des folies : piocher dans les étagères d’une librairie, un livre totalement inconnu en espérant que ça sera une bonne surprise. Ça été le cas pour ce petit livre initiatique sous forme de conte historique. J’avais été séduite par sa sublime couverture colorée et par le mot “viking” de la quatrième de couverture.

Nous suivons Leiv, un jeune Viking de 12 ans qui s’embarque à bord d’un drakkar pour venger son père (honneur de viking). Malgré son intention ouverte de vouloir tuer le chef de l’embarcation, celui-ci prend le jeune Viking sous son aile et propose au jeune Leiv de faire partie de son expédition en attendant “d’avoir des bras assez forts pour se venger et avoir un combat équitable”.

Seulement la drakkar fait naufrage dans les glaces du Groenland et Leiv est repéré par des jeunes d’une tribu inuit et ils vont vite lier une amitié.

Au cours du roman, qui s’étale sur environ 4-5 ans, Leiv va s’intégrer petit à petit à sa nouvelle famille. Leur mode de vie paisible et pacifiste va le faire réfléchir sur ses origines et la culture guerrière des Vikings.

Au cours de ses aventures dans le pays gelé en compagnie de ses amis et il va faire des rencontres auxquelles il ne s’attendait pas et va devoir faire preuve de courage et de détermination.

J’ai beaucoup aimé la fraîcheur de ce livre. Les personnages sont attachants et j’ai beaucoup aimé partir à a découverte du Groenland et de son histoire.

L’histoire nous est présentée sous forme de voyages et de découvertes, faisant évoluer le héros, rappelant le conte initiatique. L’écriture est simple sans être simpliste, ce qui fait que ce livre est à mon avis très bien pour les jeunes et les moins jeunes. Les valeurs abordées sont intéressantes sans être ultra novatrices. C’est le cadre particulier qui rend le tout intéressant.

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La conclusion de la guenon :

 Au final j’ai été séduite par ce petit roman. J’ai bien aimé en savoir plus sur cette partie du monde au moment des Vikings. L’histoire est sympathique et entraînante.

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Lu pour :

globreaderschallenge > Groenland

Bride Stories (tomes 1, 2 et 3) – Kaoru Mori

Couverture Bride Stories, tome 1

Note :5/5

Thème :  manga culturel et historique sur le Kazakhstan-Mongolie

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 Présentation :

La vie d’Amir, 20 ans, est bouleversée le jour où elle est envoyée dans le clan voisin pour y être mariée. Elle y rencontre Karluk, son futur époux… un garçon de huit ans son cadet ! Autre village, autres mœurs… La jeune fille, chasseuse accomplie, découvre une existence différente, entre l’aïeule acariâtre, une ribambelle d’enfants et Smith, l’explorateur anglais venu étudier leurs traditions.
Mais avant même que le jeune couple ait eu le temps de se faire à sa nouvelle vie, le couperet tombe : pour conclure une alliance plus avantageuse avec un puissant voisin, le clan d’Amir décide de récupérer la jeune femme coûte que coûte…

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Mon avis :

Repéré chez Bookerdose, je me suis lancé dans la lecture de ce manga car sa critique avait vraiment éveillé ma curiosité.

Pourtant je ne suis pas fan de manga, loin de là, mais j’ai voulu tenter l’aventure car celui-ci semblait beaucoup plus mature et réfléchi que la majorité des mangas qui font un carton (et que je fuis souvent en courant…).

Au final j’ai vraiment ADORE cette histoire. J’ai lu les trois tomes d’une traite, en une soirée. Je ne pouvais plus les lâcher.

Ce qui m’a vraiment plu dans cette saga c’est le côté historique. L’histoire se passe dans les steppes de l’actuel Kazakhstan, au début du XXème siècle. C’est une culture que je connaissais pas du tout et j’ai adoré découvrir leur us et coutumes ainsi que la situation politique de l’époque. A cette époque, les personnes vivent en petits clans  dans cette partie du monde.

Par un travail de recherche impressionnant la mangaka, nous dévoile la vie d’Amir au sein de sa nouvelle tribu (celle de son mari). De nombreux sujets sont abordés et intelligemment inclus au sein de l’intrigue, notamment les statuts hiérarchiques,les codes d’honneurs et les relations entre clans, les choix des époux, la fabrication du pain, l’importance et la signification des motif de broderie,d’ébénisterie ou encore tous plein de codes sociaux.

Et tout ça est mis en valeur par de magnifiques dessins (surement parmi les plus beaux que j’ai vu). Je vous laisse juger par vous même :

Au fil des tomes, on découvre ce monde et ses coutumes en suivants plusieurs personnages. Amir d’abord puis par la suite le scientifique anglais venu étudier cette culture, Henry Smith, et qui va devoir entreprendre un voyage à travers ces terres étrangères.

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La conclusion de la guenon :

Un excellent manga ! J’ai grandement apprécié cette lecture très instructive. L’histoire est bien ficelée et j’ai pris plaisir à découvrir par la même occasion les coutumes de l’Asie centrale. Des illustrations époustouflantes, en plus. L’auteure a pris le temps de peaufiner et le résultat est superbe. J’ai hâte de lire la suite !

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Lu pour :

globreaderschallenge > Actuel Kazakhstan

Beignets de Tomates Vertes – Fannie Flaggs

Couverture Beignets de tomates vertes

Note : 4.5/5

Thème :  portait  haut en couleur d’une ville d’Alabama sur une cinquantaine d’années

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 Présentation :

“Un sacrée numéro, Idgie ! La première fois qu’elle a vu Ruth, elle a piqué un fard et elle a filé à l’étage pour se laver et se mettre de la gomina. Par la suite, elles ont ouvert le café et ne se sont plus jamais quittées. Ah ! Les beignets de tomates vertes du Whistle Stop Café … J’en salive encore !”
Un demi-siècle plus tard, Ninny, quatre-vingt-six ans, raconte à son amie Evelyn l’histoire du Whistle Stop, en Alabama. Il s’en ai passé des choses, dans cette petite bourgade plantée au nord de la voie ferrée ! Et Evelyn, quarante-huit ans, mari indifférent, vie sans relief, écoute, fascinée. Découvre un autre monde. Apprend à s’affirmer, grâce à Ninny, l’adorable vieille dame.
Chronique du Sud profond de 1929 à 1988, ce roman tendre et généreux vous fera rire aux éclats et, au détour d’une page, essuyer une larme. Humour et nostalgie : une recette au parfum subtil …

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Mon avis :

Voilà un sacré bout de temps que ce livre trainait dans ma PAL. Il aura fallu le challenge ABC 2013 (lettre F) et le baby challenge contemporain pour l’en dénicher. Et j’ai bien fait cat j’ai énormément accrochée avec cette histoire.

A travers les souvenirs de Ninny, une adorable vieille femme dans une maison de retraite, on replonge dans l’Alabama des années 20, 30, puis 40 et enfin 50. Cette fresque contemporaine décrit avec douceur, bonne humeur et humour la vie des habitants de la petite ville de Whistle Stop.

Des thèmes comme la condition des noirs et des femmes, l’homosexualité, la pauvreté et bien d’autres sont dépeint avec justesse et sans jugement. On se laisse porter par cette histoire haute en couleurs avec ces personnages vraiment attachants.

J’ai particulièrement aimé les personnalités qui nous sont présentées. On découvre au fil des pages la bonté d’âme, la générosité le courage, la solidarité mais aussi les emportements, l’entêtement des personnages.

Le roman est découpé en chapitres. Certains se déroulant dans les années 80 où la vieille Ninny partage avec nostalgie et bonne humeur ses souvenirs avec Evelyn Couch, une femme d’une quarantaine d’année qui a perdu gout en la vie. D’autres sont des consacré à des éclats de vie à Whistle Stop (et particulièrement au café que tiennent Idgie et Ruth) ou encore (et ce sont mes préférés !) certains sont des extraits de gazette de ville chroniquée avec humour par Dot Weems, qui ne manque jamais de faire un clin d’œil à « sa chère moitié » incroyablement tête en l’air et qui a le chic pour se mettre dans des situations abracadabrantes.

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La conclusion de la guenon :

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé la fraîcheur de ce roman. Mon coup de cœur de l’été !

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Lu pour :

https://i0.wp.com/imageshack.us/a/img705/7075/contemporainbadge.png abc2013 globreaderschallenge > Alabama

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

Couverture Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Note : 5/5

Thème : Vie romancée de Michel Ange lors de son voyage à Constantinople. Poétique

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 Présentation :

13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu’il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l’invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d’un pont sur la Corne d’Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l’étrangeté byzantine, Michel Ange, l’homme de la Renaissance, esquisse avec l’Orient un sublime rendez-vous manqué.

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Mon avis :

Après plus de 3 ans dans ma Wishlist, quelle bonne surprise de découvrir ce petit livre dans le paquet offert par Mina ! Aussitôt reçu aussitôt lu (mais pas aussitôt chroniqué, herm…). Je suis enchantée de cette découverte et Mina  a vraiment fait un bon choix : j’ai adoré ! Et, chose rare, j’ai même noté des citations dans le livre, chose que je réserve aux livres où je trouve une phrase ou un passage particulièrement beau et véridique. Sachez qu’en gros j’ai marqué des citations pour environ 10 livres dans ma vie, c’est dire ci celui ci m’a plu !

Ayant visité Istanbul l’année dernière ça a été un plaisir de redécouvrir ces lieux avec une vision d’il y a quelques siècles mais les plus beaux monuments cités sont toujours là et je revoyais la beauté de Sainte Sophie ou de Topkapi en lisant ces pages.

Je dois dire qu’au début j’ai été étonnée du choix de l’auteur de centraliser son histoire sur une personne historique, Michel Ange, surtout que j’ignorais totalement qu’il était allé à Istanbul. Je connais très peu de choses sur cet artiste et je craignais que l’auteur ne fasse trop de référence à son oeuvre ou sa vie sans que je ne comprenne. Mais en fait pas du tout, j’ai eu l’impression qu’il s’est servi de Michel Ange pour canaliser l’essence de l’art, nous faire découvrir cette ville “exotique” pour les européens, ses quartiers, ses coutumes, ses ambiances et ses habitants. Le résultat est sublime et Mathias Enard est un véritable poète. Que ce soit les réflexions sur le ressenti de l’art par Michel Ange, les pensées profondes de la belle danseuse dont notre peintre florentin s’éprend ou encore sa manière de nous dévoiler les sentiments de ses personnages, tout en douceur, on est totalement envoûté par sa plume.

Je ne voudrais pas en dire trop mais j’ai adoré la relation qui se créé entre Michel Ange et Mesihi, un poète turque protégé du vizir de l’époque. J’ai trouvé leur histoire très belle et en même temps très triste. Sans hésiter, c’est bien elle qui donne 5/5 à ce petit livre.

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 La conclusion de la guenon :

Une magnifique découverte de Constantinople à la renaissance du point de vue d’un des plus grand artiste de l’époque. J’ai été envoûtée par la poésie qui se dégage de l’écriture de l’auteur et rien que pour cela je le conseille fortement ! Une de mes plus belles lectures de 2013 !

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Lu pour :

abc2013 globreaderschallenge > Constantinople (aujourd’hui Istanbul)

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Le petit plus :

Comme dit dans ma critique, voici en exclu des citations qui m’ont beaucoup plu :

Réflexion de la belle danseuse :

Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et de temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d’éléphants et d’êtres merveilleux; en leur racontant le bonheur qu’il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l’amour, l’amour, cette promesse d’oubli et de satiété.

Pensée sur l’art :

Combien faudra-t-il d’œuvres d’art pour mettre la beauté dans le monde?

Citation diverse :

Souvent on souhaite la répétition des choses ; on désire revivre un moment échappé, revenir sur un geste manqué ou une parole non prononcée ; on s’efforce de retrouver les sons restés dans la gorge, la caresse que l’on n’a pas osé donner, le serrement de poitrine disparu à jamais.

Nord et Sud – Elizabeth Gaskell

Note : 4/5

Thème : Romance sur fond socio-politique dans l’Angleterre Victorienne.

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 Présentation :

C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Eglise et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

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Mon avis :

Enfin ma chronique sur ce livre que j’ai lu en LC avec Céline (qui, elle, a posté sa critique dans les temps). Que dire sur ce roman ? Beaucoup de choses. Je commencerai par dire que si vous aimer les intrigues à la Jane Austen, Charlotte Brontë et autres du genre, ce livre est pour vous : on retrouve l’écriture recherchée sans être lourde de cette époque.

Côté histoire, disons que la romance n’est pas loin et assez proche de celle d’Orgueil et Préjugés : une jolie jeune femme pas forcément issue d’une très bonne famille qui a le verbe haut et ose dire ce qu’elle pense en face d’un homme d’apparence brusque et distant. Bref vous voyez le tableau.

Ce qui différencie ce roman d’Elizabeth Gaskell de ceux de ses consœurs, c’est le cadre socio-politique bien  plus marqué. Quand dans les autres œuvres, celui-ci sert d’environnement au roman, dans Nord et Sud il y a une véritable réflexion dessus et d’est un des fils conducteurs du récit. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé le fait que l’auteure ne dépeigne aussi bien la noblesse oisive, les bourgeois riches et travailleurs que la classe ouvrière. Cette dernière tranche de la population est trop souvent oubliée des romans de l’époque, comme s’elle ne méritait pas qu’on s’y arrête. L’auteure met en avant les besoins et les intérêts de chacun et nous propose une image de la vie d’alors, sans qu’aucune classe ne soit montrée du doigt comme fautive. J’ai beaucoup aimé cette approche. Thornton représente la bourgeoisie qui a réussi à s’enrichir à force de travail et la famille de Margaret, la petite noblesse sur le déclin. Au cours du roman Margaret va se lier d’amitié avec certains ouvriers et écouter leur revendication non dénuées de sens mais elle sera déchirer entre leur venir en aide et donner raison à Thornton, leur patron, dont les faits et gestes se justifient aussi. Les différences entre le Sud campagnard et le Nord industriel de l’Angleterre (que personnellement je n’avais jamais perçu jusque là) sont aussi la fibre du roman et le nœud d’incompréhension entre le 2 personnages principaux au départ.

Et au milieu de tout cela, vous vous en doutez, la relation entre Margaret et John Thornton va jouer un rôle phare. Au début ils ne s’entendent pas, mais alors pas du tout et puis au fur et à mesure que le roman avance, la vision qu’ils ont l’un de l’autre change progressivement.

Une belle écriture donc, un cadre très intéressant et des personnages attachants malgré leurs défauts. J’ai donc beaucoup aimé mais, car il y a un « mais », tout n’est pas parfait non plus. Je dois avouer que le personnage de Margaret m’a plus d’une fois agacée. Son côté hautain donnait envie de lui mettre des baffes par moment même si les autres aspects de sa personnalité sont très louables (fille dévouée, intelligente, plein de compassion, etc.). Alors que je n’ai pas ressenti cela une seconde pour Thornton, au contraire ce personnage se dévoile au fur et à mesure du roman et on s’y attache de plus en plus. Dans le genre, il fait penser à Darcy. Il y a aussi  certains passages traînaient parfois en longueur. Je me suis surprise des fois à avoir envie de sauter des pages pour aller à la scène suivante. Par exemple, les moments où l’auteure décrivait les journées moroses du vieux pasteur et tous les soins de sa fille pour lui redonner le moral ont fini par m’agacer car j’avais l’impression d’avoir toujours la même mélodie qui revenait en boucle (pauvre pasteur dépité et sa fille dévouée qui fait tout pour lui, blablabla, oui bon ça va on a  compris ^^). C’est qu’il avait souvent le moral au plus bas le bonhomme .

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 La conclusion de la guenon :

Au final un  bon roman de l’époque victorienne avec toutes les particularité des récits de cette période. Le mise en place petit à petit d’une romance est donc obligatoire mais ici le cadre historique tant au niveau de l’organisation sociale entre les classe qu’entre le Nord et le Sud est très marqué et le fil rouge du roman. A lire.

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Lu pour :

challenge-des-100-livres-chez-bianca abc2013 globreaderschallenge > Nord de l’Angleterre, probablement comté du Grand Manchester

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Le petit plus :

Il existe un mini  série TV réalisé en 2004 par la BBC (décidément la BBC produit des bons programmes). Je l’ai regardé avant de lire le livre et je l’ai trouvé plutôt fidèle malgré le choix de l’actrice principale qui me laisse un peu sceptique. Sinon le reste du livre, notamment l’ambiance est très bien retranscrite. En plus, c’est Richard Armitage (vous savez, Thorin dans le Hobbit ; mais en vrai, il est canonesque  🙂 )  qui joue Thornton et rien que pour ça, la série mérite d’être regardée !

Désolée je n’ai pas trouvé de bande annonce en français mais les images parlent d’elles mêmes 🙂

La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

Couverture La Couleur des sentiments

Note : 5/5

Thème : Immersion dans la vie des bonnes du Mississippi dans les années 50-60

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 Présentation :

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

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Mon avis :

Souvenez-vous du grand Martin Luther King. Ça se passe à cette époque, où les noirs ne sont bons qu’à faire les nounous et travailler dans les jardins des blancs.  A travers les points de vue de deux bonnes noires et d’une jeune journaliste blanche qui veut faire changer les choses, on découvre leur quotidien. Les bonnes choses comme les pires. Au fur et à mesure, des liens se créent malgré la peur et le regard de la société.

Certain personnages sont attachants, tous sont intéressants et recherchés. Par exemple j’ai beaucoup apprécié Celia Foote, la blondasse la plus bête du monde mais pas méchante pour deux sous. D’ailleurs malgré sa superficialité affichée, ce personnage est un de ceux qui m’a le plus plu en dehors du trio narrateur. Son ignorance fait qu’elle agit avec spontanéité, sans arrière-pensée et sans a priori. C’est la seule femme du roman à voir sa bonne Minnie comme une femme qui l’aide à tenir sa maison et non comme la femme noire à son service.

A côté de ça j’ai adoré voir Skeeter, la journaliste, dégommer cette saleté de Miss Hilly, Aibileen aimer les enfants de sa patronne comme les sien, leur mère les ignorant, ou encore voir toutes ces bonnes être aimée ou détestée de leur patronne et leur enfants.

Je pourrais encore vous en parler longtemps mais je risquerais de tout vous révéler. J’ajoute simplement que l’écriture est si addictive que vous ne lâcherez pas le livre avant la fin !

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La conclusion de la guenon :

En deux mots : lisez-le ! Coup de coeur. Best seller mérité.

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Lu pour :

https://i0.wp.com/imageshack.us/a/img705/7075/contemporainbadge.png

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Le petit plus :

Voici la bande annonce du film adapté de ce livre. Il est très fidèle et très réussi. Je vous conseille de le visionner.

Soldat Peaceful – Michael Morpurgo

Couverture Soldat Peaceful

Note : 4.5/5

Thème : Souvenirs fraternels et bucoliques d’un jeune soldat

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 Présentation :

Il s’appelle Tommo. Il n’a que dix-sept ans mais il a déjà vécu bien des choses, des joyeuses et des plus tristes. Il a passé une jeunesse heureuse avec sa mère et ses frères à la campagne, même si la vie n’était pas toujours facile. Mais tout a changé lorsqu’il est parti pour la guerre avec son grand frère Charlie. Cette nuit, Tommo ne veut surtout pas dormir, il veut penser à lui, à eux, à leur vie passée. Parce que demain, au petit matin, son existence va basculer pour toujours. Il veut profiter pleinement de ces dernières heures pour se souvenir, pour ne jamais oublier que rien n’est plus beau que l’amour et la fidélité, que rien n’est plus terrible que l’injustice et la guerre…

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Mon avis :

Alors que je vagabondais sur les challenges de Livraddict, je suis tombée par hasard sur ce titre. La couverture m’a tout de suite attirée l’œil. D’habitude les livres sur la guerre je m’en passe (j’en ai trop lu je crois). Et puis j’ai remarqué que c’était sur la première guerre mondiale (beaucoup moins de livres que sur la suivante).  Je dois dire aussi que l’oxymore du titre a aiguisé ma curiosité (peaceful= paisible).

Du coup je me le suis procuré et j’ai adoré ! Vraiment. J’espérais bien aimer mais je ne m’attendais pas à tomber sous le charme à ce point de ce petit livre de 250 pages à peine.

En fait je crois que je l’ai tant aimé car la partie sur le front n’arrive que vers la fin. Ce n’est pas du tout le sujet principal du roman. Non, en fait ce livre parle d’amour fraternel.

Le roman s’ouvre sur l’annonce d’une condamnation à mort. A partir de là, le narrateur se remémore les souvenirs de sa vie car le lendemain il sera trop tard pour se rappeler de ces moments passés. On plonge alors dans sa vie, lorsqu’il vivait tranquille dans la campagne anglaise avec ses parents et ses deux frères. On découvre ses premières bêtises, la mort de son père, ses  souvenirs les plus joyeux avec ses frères comme les plus angoissants, son premier amour, et puis finalement son enrôlement.

Le roman s’axe très vite sur la relation qu’entretiennent le narrateur et son grand frère, Charlie. Aventurier,  joueur,  courageux et un brin provocateur Charlie est un vrai modèle pour son frère Tommo (Thomas), un garçon gentil mais effacé.  Tour à tour, ami, guide, figure paternelle, adversaire, Charlie a toujours joué un rôle important dans la vie du narrateur. Ces différentes facettes nous sont présentées par « éclats de souvenir » que Tommo se remémore avant la fin du compte à rebours, avant le lever du jour.

A mon plus grand plaisir, on passe donc la majorité du temps à suivre les tribulations du narrateur, jusqu’à son enrôlement avec son fère dans l’armée et  leur vie sur le front (très soft, je vous rassure). A travers leur histoire, on s’attache énormément à eux et la fin n’en est que plus dure à accepter.

À travers ce roman, l’auteur rend hommage au nombreux fusillés “pour l’exemple”, durant la Première Guerre mondiale. Ce roman montre à la perfection qu’avant d’être des soldats, ces personnes étaient avant tout des hommes avec une famille, une histoire, une vie.

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La conclusion de la guenon :

Un roman très touchant sur une complicité entre deux frères qui jouera des tours, bons comme mauvais jusqu’au dernier jour. Presque un coup de cœur.

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Lu pour :

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Le petit plus :

Michael Morpurgo est également l’auteur de Cheval de Guerre, livre porté à l’écran récemment pas Steven Spielberg.

Mille Femmes Blanches – Jim Fergus

Couverture Mille femmes blanches

Note : 5/5

Thème : Journal d’une femme blanche partant vivre chez les Cheyennes.

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 Présentation :

En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des “Mille femmes” viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d’Amérique… Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l’une d’entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de soi, peuple d’adoption…

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Mon avis :

Je crois que la première fois où j’ai entendu parler de ce livre remonte à plusieurs années : 3 ou 4 ans je dirais. Une amie de la famille le lisait et me l’avait présenté sous un jour qui m’avait vraiment donné envie de le découvrir. Seulement j’avais oublié le titre et une grande partie de l’intrigue. Tout ce dont je me souvenais c’est que ça se passait dans les tribus indiennes et que c’était vu d’un point de vue féminin. Du coup quand je suis tombé sur le titre « Mille Femmes blanches » il y a quelques mois, après avoir lu la quatrième de couverture, ça a fait tilt et je n’ai pas réfléchi une seconde de plus : hop dans le panier !

Et j’ai eu bien raison ! Ce livre est un véritable coup de cœur.

Je ne suis pas amatrice des romans épistolaire et quand j’ai vu que ça commençait dans ce style là j’ai pris peur mais les lettres sont bien vites abandonnées par l’héroïne (elle ne les enverra jamais, elles lui servent d’exutoire), pour privilégier le mode journal intime. Loin d’être cucul comme l’est parfois ce genre, je suis tombée sous le charme de ce récit et de la manière dont il nous est raconté.

Nous suivons May Dodds, une femme mise dans un asile psychiatrique sans raison valable, au milieu du XIXème siècle aux USA. Pour y échapper, elle s’engage dans un programme gouvernemental : devenir la femme d’un cheyenne et vivre parmi sa tribu suite à la demande de Little Wolf, chef des tribus cheyennes, au président des USA de l’époque. Cette demande extravagante, pour intégrer le peuple indien au peuple blanc, est un fait réel. L’auteur s’en est inspiré pour construire son roman : et si la demande avait été acceptée par le gouvernement américain, comment cela aurait-il fini ?

May Dodds raconte son voyage vers les terres sauvages, les tribulations de ce petit groupe de femmes et leur vie une fois arrivée au camp indien.

J’ai aimé cette découverte des grands espaces ainsi que de faire la connaissance de toutes ces femmes volontaires, chacune pour une raison qui leur est propre. On en aime certaines dès le début, pour d’autres il faut attendre plus longtemps mais au final je me suis attachée à chacune (à part la religieuse pure et dure). Malgré leur réticence, toutes vont finir par tomber amoureuse de leur nouveau peuple. Elles vont toutes laisser tomber peut à peu leurs préjugés, et pour certaines, ce n’était pas gagné. Mais les Chevennes sont patients 🙂

Les us et coutumes des Cheyenne m’ont vraiment plu et ça me brise le cœur de savoir que ce peuple (ainsi que la plupart des tribus amérindiennes) a été anéanti en grande majorité. Ils nous sont présentés comme un peuple très tolérant et pacifique. Ils vont par exemple accueillir leurs nouvelles femmes blanches comme les leur sans distinction malgré leur « manie » d’européennes assez burlesque au début. On voit qu’ils ne jugent pas et ne considère pas comme inférieurs ceux qui sont différents d’eux.  Ils les « adoptent » vraiment. Une belle leçon d’humilité quand on voit ce que les blancs leur ont fait. Cela est très bien transcrit dans le livre et j’ai adoré découvrir, en même temps que May Dodds,  ce peuple mystérieux et digne.

Bref, à l’instar de l’héroïne, je suis tombée amoureuse au fur et à mesure de leur mode de vie. En plus l’écriture est fluide et prenante.  La narratrice est une femme cultivée et cela se ressent dans ses réflexions, ses analyses et son comportement. Enfin une héroïne que j’aime. Jim Fergus retranscrit très bien ses sentiments sans tomber dans l’excès (pas d’apitoiement de l’héroïne sur son sort qui m’aurait énervée, pas de romantisme ridicule dégoulinant qui m’aurait blasé, etc.). Bref, cela sait rester léger.

Quant à l’histoire, elle est assez simple : il s’agit de la nouvelle vie de ces femmes parmi les Cheyennes. Néanmoins à côté de ça, l’auteur a su glissé des éléments de rebondissement, notamment le changement de position du gouvernement américain vis-à-vis du projet et toutes les conséquences engendrées.

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La conclusion de la guenon :

Un livre que je pourrais que conseiller. L’histoire, si elle ne correspond pas à la vérité s’en inspire fortement et nous fait réfléchir sur le génocide des amérindiens. Un  roman très agréable à lire, passionnant et touchant.

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Lu pour :

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Le petit plus :

En flânant sur le net, j’ai trouvé un petit bijou : des planches pour l’adaptation en BD de ce merveilleux roman. Il semblerait que le projet ait été abandonné il y a plus de deux ans mais ej vous mets tout de même certaines des planches.

Je les aime beaucoup, le style de dessin de l’auteur, simple et nature me rappelle vraiment le roman.

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Cartographie des nuages – David Mitchell

Note : 4.5/5

Thème : 6 histoires. 6 époques. 6 héros. 6 destins croisés.

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 Présentation :

Adam Ewing est un homme de loi américain, embarqué à bord d’une goélette partie de Nouvelle-Zélande et faisant route vers San Francisco, sa ville natale. Il n’a rien à voir avec Robert Frobisher, lequel, un siècle plus tard, se met au service d’un compositeur génial pour échapper à ses créanciers. Ni l’un ni l’autre ne peuvent connaître Luisa Rey, une journaliste d’investigation sur la piste d’un complot nucléaire, dans la Californie des années 70. Ou Sonmi~451, un clone condamné à mort par un État situé dans le futur. Pourtant, si l’espace et le temps les séparent, tous ces êtres participent d’un destin commun, dont la signification se révèle peu à peu. Chaque vie est l’écho d’une autre et revient sans cesse, telle une phrase musicale qui se répéterait au fil d’innombrables variations.

Mon avis :

J’ai découvert avec le film. J’avais adoré cette histoire très originale ni ne rentre dans aucun genre particulier, pour la simple et bonne raison qu’elle met à point d’honneur à varier les styles !

Ce roman, c’est le destin de 6 personnes liés au fil des générations par une étrange marque de naissance en forme d’étoile. Mais s’il ne s’agissait que d’une marque corporelle… non ! En fait chacun à leur façon, les personnages principaux vont essayer de changer le monde ou en tout cas de bouleverser les préjugés, d’aller là ou personne n’osait aller avant eux.

C’est un véritable pavé. J’adore. Mais ça peut faire peur. A tous les réticents je dirai que vous n’aurez pas l’impression de lire un roman mais six d’un coup !  L’auteur varie tous les styles et tous les genres, s’adaptant à l’époque dont il est question. Car on n’écrit pas de la même façon en 1850 (date approximative de la première histoire, celle de Jonathan Ewing) et en 2300 et des brouettes (dernière histoire, post apocalyptique). Vocabulaire, tournure de phrase, personnalité du héros (droit, discret, volage, audacieux, réticent, arrogant, culoté, etc. ) tout est adapté pour donner à chaque historiette son identité propre.

L’auteur donne aussi différents tons à chaque aventure et il manie tous les genres à la perfection : on commence par un récit de voyage, puis on enchaine avec un romance dramatique, une enquête policière, une comédie (ma préférée !), de la dystopie et on finit par du post-apocalyptique.

Les histoires sont emboitées les unes dans les autres, comme des babas russes. Le livre est en forme de miroir : au milieu de chaque histoire, ça coupe et on enchaine sur la suivante. Pile au moment le plus intéressant bien sûr. Il faut donc attendre la dernière page  pour connaitre le fin mot de l’aventure de Jonathan Ewing.

Même si chaque histoire semble indépendante l’une de l’autre et avoir son style propre, les liens entre chacune d’elle sont ténues. D’ailleurs chaque histoire est racontée et « léguée » d’une façon ou d’autre autre pour être retrouver plus tard dans l’histoire suivante. J’ai d’ailleurs aimé le fait que l’auteur choisisse un support de « transmission » différent à chaque fois. On a donc un journal de bord pour Jonathan Ewing, qui sera retrouvé et lu par Robert Forbisher, le musicien qui relatera ses aventures à son seul véritable amour dans des lettres. Lettres qui seront découvertes par la journaliste Louisa Rey lors de son enquête. Les découvertes de cette dernière seront relatées dans un manuscrit transmis à Timothy Cavendish pour l’éditer. Les aventures de ce vieux bonhomme seront quant à elle portées à l’écran et visionnées des années plus tard par la serveuse (presque) automate Sonmi -451. Zachry et Meronym pour leur part mettrons la main sur l’enregistrement du discours final de cette dernière. Et pour finir, l’histoire de Zachary sera racontée sous frome de témoignage oral aux petits de sa tribus.

Je le disais plus haut et j’insiste sur ce point particulier de roman car il fait sa force : les personnages « du destin » semble être liés entre eux par une force invisible, comme s’ils étaient des réincarnations successives. Plus que leur motivation à faire changer les choses, ils ont parfois des visons ou des sensations de jà vu de certaines scènes… que leur « double de destin » a vécu ! Et bien sûr, il y a cette fameuse musique, « Cartographie des Nuages », composé par Robert Forbisher si envoutante et profonde !

Je tiens tout de même à préciser que pour ceux qui ont vu le film il y a certaines différences assez notoires. Notamment l’âge de certains personnages principaux. Le cinéma a enjolivés certaines choses (ne vous attendez pas à une histoire d’amour à Neo Séoul) mais reste sur d’autres très fidèle allant jusqu’à retranscrire presque mot pour mot des dialogues !

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La conclusion de la guenon :

J’ai passé un très bon moment avec ce livre si particulier qui m’a vivre des aventures très différentes les unes des autres et éprouver beaucoup d’émotion.  J’ai aimé tous les personnages et apprécié leur histoire, chacune pour une raisons différentes. Tous essayent de changer le monde ; tenter l’aventure LA grande, là où personne n’est jamais allé avant eux. C’est comme un cycle qui se répète et une mentalité d’acier pour chaque personnage que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Petite préférence pour l’histoire de Timothy Cavendish où je me suis tordue de rire (bien que ce soit celui qui ait le moins fait pour « l’humanité » parmi les héros.  Je conseille le vivement.

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Lecture commune avec ColdtrollBouquinettePetite Fleur, Amanite

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Le petit plus :

C’est un bon résumé ! Cliquez pour découvrir les subtilités de l’histoire en grand

La voleuse de livres – Markus Zusak

Couverture La Voleuse de livres

Note : 5/5

Thème : les mésaventures d’une petite allemande qui aime les livres durant la 2ème guerre mondiale.

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 Présentation :

Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d’une fillette ; des mots ; d’un accordéoniste ; d’Allemands fanatiques ; d’un boxeur juif ; de vols. Traduit en 20 langues, le best-seller 2007.

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Mon avis :

Tout le monde me l’a dit et je vais le dire à mon tour : ce livre est génial ! Allez dans la première librairie et achetez le, vous ne serez pas déçus.

Oui je vous vois venir, vous vous dites sûrement que des livres sur la 2ème guerre mondiale et l’atrocité du nazisme, on en a lu des tas et on a probablement fait le tour des dizaines de fois. Bref un livre que tout le monde dit génial parce que ça dénonce cette horreur et que c’est de bon ton de dire que ce genre de livre est génial. On suit l’avis général, quoi. Et bien pas du tout !
Personnellement, avec ce livre, j’ai trouvé qu’on voyait les choses sous un angle très différent. Déjà, l’histoire se déroule du côté des allemands hitlériens, chose plutôt rare, les auteurs préférant généralement se mettre du côté des “grandes” victimes : juifs, résistants etc.
J’ai mis en guillemets grandes car les petites victimes du nazisme, c’est le peuple allemand lui même. Un bon nombre d’entre eux ne supportait pas le régime du Führer et c’est dans ce décors qu’évolue La Voleuse de Livres, une petite allemande orpheline recueillie dans une famille des quartiers pauvres de Molching, une petite ville près de Munich.
Elle développe un engouement pour la lecture, activité qui lui permet d’oublier pour quelques temps ses problèmes. N’allez pas penser que le sentiment général du livre est la tristesse et l’obscurité de la guerre, qui ne s’éclaircit que lorsque Liesel commet ses larcins et les lit, c’est tout à fait faux. En fait le livre est agréablement léger. Oui, les conditions de vie sont dures mais cela n’empêche pas notre héroïne d’apprécier les choses simples de la vie.

C’est aussi une belle histoire d’amitié et d’amour (sous toutes les formes qu’il puisse exister). J’ai d’ailleurs un faible pour la relation entre Liesel et son ami Rudy. Leurs aventures ensemble (jeux, bêtises, complicité) sont tout à fait adorables et j’ai adoré voir évoluer leur relation. En fait, en y réfléchissant j’ai énormément apprécié presque tous les personnages, chacun à sa façon : le gentil et discret Max, le couple atypique que forment  Hans et Rosa Hubermann, les parents adoptifs de la petite Liesel, ou encore la Mort, celle qui nous raconte cette histoire. C’est une idée ingénieuse et originale.

Au niveau de la forme d’ailleurs, le livre est découpé en plusieurs parties, chacune portant le nom du livre que notre petite voleuse lit à ce moment là. Ces lectures sont très différentes les unes et mêlent l’histoire qu’elles racontent à  celle que nous raconte la Mort. Par exemple, Liesel apprendra à lire avec le Manuel du Fossoyeur, découvrira un livre écrit rien que pour elle avec L’homme qui se penchait et Mein Kampf servir de protection au jeune Max pour en pas se faire débusquer avant d’être déchiré en mille morceaux et de servir à tout autre chose…

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La conclusion de la guenon :

Un livre qui mérite une place de choix dans mon top 10, assurément. Malgré le contexte de l’histoire, le livre sait rester léger et relaxant. Mais je vous préviens, si vous aimez les livres qui finissent bien, passez votre chemin.

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Retranscription d’une critique de 2010