Le garçon qui voulait devenir un être humain – Jørn Riel

Note :4/5

Thème :  un jeune Viking perdu se fait adopter par une tribu inuit… et il les adopte aussi

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 Présentation :

Islande, vers l’an mil. Leiv, un jeune Viking dont le père a été assassiné, est farouchement déterminé à laver ce meurtre dans le sang. Il embarque clandestinement à bord d’un drakkar en partance pour le Groenland. Mais un tel voyage est périlleux, et semé d’imprévus. C’est dès lors un destin inattendu qui attend Leiv, avec la découverte d’un autre peuple, les Inuit, et l’apprentissage de la tolérance et de l’amitié.

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Mon avis :

Bonne pioche ! Il m’arrive parfois de faire des folies : piocher dans les étagères d’une librairie, un livre totalement inconnu en espérant que ça sera une bonne surprise. Ça été le cas pour ce petit livre initiatique sous forme de conte historique. J’avais été séduite par sa sublime couverture colorée et par le mot “viking” de la quatrième de couverture.

Nous suivons Leiv, un jeune Viking de 12 ans qui s’embarque à bord d’un drakkar pour venger son père (honneur de viking). Malgré son intention ouverte de vouloir tuer le chef de l’embarcation, celui-ci prend le jeune Viking sous son aile et propose au jeune Leiv de faire partie de son expédition en attendant “d’avoir des bras assez forts pour se venger et avoir un combat équitable”.

Seulement la drakkar fait naufrage dans les glaces du Groenland et Leiv est repéré par des jeunes d’une tribu inuit et ils vont vite lier une amitié.

Au cours du roman, qui s’étale sur environ 4-5 ans, Leiv va s’intégrer petit à petit à sa nouvelle famille. Leur mode de vie paisible et pacifiste va le faire réfléchir sur ses origines et la culture guerrière des Vikings.

Au cours de ses aventures dans le pays gelé en compagnie de ses amis et il va faire des rencontres auxquelles il ne s’attendait pas et va devoir faire preuve de courage et de détermination.

J’ai beaucoup aimé la fraîcheur de ce livre. Les personnages sont attachants et j’ai beaucoup aimé partir à a découverte du Groenland et de son histoire.

L’histoire nous est présentée sous forme de voyages et de découvertes, faisant évoluer le héros, rappelant le conte initiatique. L’écriture est simple sans être simpliste, ce qui fait que ce livre est à mon avis très bien pour les jeunes et les moins jeunes. Les valeurs abordées sont intéressantes sans être ultra novatrices. C’est le cadre particulier qui rend le tout intéressant.

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La conclusion de la guenon :

 Au final j’ai été séduite par ce petit roman. J’ai bien aimé en savoir plus sur cette partie du monde au moment des Vikings. L’histoire est sympathique et entraînante.

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Lu pour :

globreaderschallenge > Groenland

Notre-Dame-Aux Ecailles – Mélanie Fazi

Notre-Dame-aux-Écailles

Note : 4/5

Thème :  recueil de nouvelles à la limite entre la réalité et l’imaginaire

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 Présentation :

Saviez-vous qu’à Venise, qui vole des soupirs encourt la vengeance de la ville ? Connaissez-vous vos plus sensuelles métamorphoses, lorsque vous êtes loup, lorsque vous devenez lionne ? Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ?
Partez à la découverte des troubles secrets de l’âme et des lieux les plus hantés : une villa qui palpite de vies enfuies, l’océan dont certains ne reviennent plus tout à fait humains, ou encore ce train de nuit qu’empruntent ceux qui cherchent l’oubli…
Mais attention : de ces voyages intimes et inquiétants, on ne rentre pas indemne.

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Mon avis :

Je reviens ENFIN après un mois d’absence sur la blogoshère avec une critique d’un recueil lu il y a plus d’un mois maintenant mais que j’avais beaucoup apprécié. Je voulais le lire depuis longtemps, mon intérêt piqué par les ambiances troubles et étranges qui semblaient être le mot d’ordre de ces nouvelles.

Je n’ai pas été déçue sur ce point ! Mélanie Fazi a un don pour rendre fascinant, sensuel, déstabilisant et un brin angoissant des lieux connus de tous en y injectant quelques touches de surnaturel et de mystère.

Dans toutes les nouvelles, la limite entre la réalité et l’imaginaire est floue et souvent dévoilée au fur et à mesure. Tout commence normalement puis vient s’insérer un fait étonnant qui s’affirme de plus en plus et se dévoile totalement à la fin de la nouvelle. De quoi recommencer à croire aux fantômes, et autres esprits ! L’auteure aime jouer avec nos émotions et quelques fois nos peurs. Des nouvelles assez psycho en fin de compte, qui brouille pas mal notre vision de la réalité.

La Cité travestie : La belle ville de Venise semble habitée par une âme qui vole des soupirs et demande un tribu à ceux qui les prennent à sa place.  Récit d’un voleur de Soupirs… La ville romantique par excellence nous apparaît sous un autre jour, qui fait légèrement froid dans le dos.

En forme de dragon : Une des nouvelles avec lesquelles j’ai le moins accrochée. Les dessins d’un père d’une petite filles disparaissent au son d’une musique qui se fait entendre tous les soirs. Une seule façon de l’arrêter : trouver le dessin qui correspondra à la musique, sera son essence même, transcrite sur une feuille de papier.

Langage de la peau : Très courte nouvelle qu’on peine à cerner jusqu’à ce qu’on arrive vers la fin. Le mythe du loup garou revisité (en tout cas c’est mon interprétation, à vous de vous faire la votre) Maître mot : laisser parler vos instincts animaux.

Le Train de Nuit : une de mes nouvelles favorites du recueil bien que ce soit une des plus sombres : Une femme monte à bord du Train de Nuit, le train de ceux qui veulent quitter la réalité, laisser leur vie derrière, en un mot oublier. A elle se présentera plusieurs choix : rester dans le train de nuit et sombrer dans un sommeil infini comme la plupart des passagers, redescendre ou errer éveillée dans le train jusqu’à ce que son choix soit arrêté.

Les Cinq Soirs du Lion : Une jeune femme se retrouve face à son animal totem : un lion. Elle doit plonger au fond d’elle même pour comprendre cette signification, faire un travail sur elle même, plonger dans ses souvenirs. Résoudre l’énigme… Une nouvelle plutôt étrange sur la force de l’inconscient vis à vis de nos souvenirs.

La Danse au bord du fleuve : encore une nouvelle que j’ai beaucoup aimé. Rien de plus à ajouter qu ce qu’en donne le résumé : “Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ?” Nouvelle très sensuelle. Enjoy.

Villa Rosalie : une nouvelle assez fraîche par rapport aux autres du recueil : un homme est le gardien d’une villa dont chaque pièce contient l’âme d’une femme. Nous partons à la découverte de leurs gouts et de leur personnalité grâce au tour de la maison que le narrateur effectue.

Le Nœud Cajun : Surement la nouvelle qui devient la glauque au fur et à mesure qu’on avance. Au début simple fait peu anodin, plus on avance plus on se rend compte qu’il se passe des choses pas nettes. Le thème n’est pas le plus original du recueil mais c’est certainement la fin la plus oppressante ! Il s’agit d’une famille d’un village d’Alabama qui commence à perdre les pédales lorsque la femme, enceinte jusqu’au yeux, arrive à terme de sa grossesse. Vaudou, démon et boucle dans le temps au programme. Aussi une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée.

Notre Dame Aux Écailles : une femme se trouve une ressemblance frappante avec une statue du jardin de ses beaux parents. Je n’ai pas trop accrochée avec cette nouvelle, qui donne son nom au recueil.

Mardi Gras : Dans la ville ravagée de La Nouvelle Orléans, après le passage d’un ouragan, la fête bat son plein. Au cœur de la foule, des personnes masquées  vous entraînent dans les endroits sombres de la ville, loin des lumières de la fête. Dans les quartiers les plus ravagés, ne semblant habités que par des fantômes. Une nouvelle agréable, bien qu’assez prévisible (la seule !). Seule l’identité des Masques est restée longtemps un mystère.

Noces d’écume : Après une journée de pêche, 4 hommes se transforment peu à peu en êtres de l’eau, ne vivant que pour la mer et ne semblant plus se soucier de rien ni même se rendre compte du reste du monde qui les entoure.  De loin la nouvelle la plus dérangeante à mon gout (surement une question de ressenti, je suis sure que ça ne sera pas l’avis de tout le monde). Elle m’a mise franchement mal à l’aise. J’ai été contente en arrivant à la fin.

Fantômes d’épingles : Une jeune femme se rend compte qu’elle ne ressent plus la moindre émotion, ni même de la tristesse lors de la mort de son ami d’enfance. Elle incrimine une poupée dans laquelle elle plantait, plus jeune, une épingle à chaque fois qu’elle était triste… La nouvelle que j’ai le moins aimé. Assez déprimante.

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 La conclusion de la guenon :

Recueil plutôt sombre finalement, cela ne m’a pas empêché de beaucoup l’apprécier pour son originalité et sa subtilité. Soyez prêts à vous jeter dans des eaux troubles ! Une très belle écriture, tout en subtilité et très poétique.

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Lu pour :

globreaderschallenge >Venise (La Cité Travestie), Espagne (La danse au bord du fleuve), Alabama (le Noeud Cajun), La Nouvelle-Orléans (Mardi Gras)

La Belle et la Bête – Mme de Villeneuve

Couverture La Belle et la Bête

Note : 3/5

Thème : une des versions originales du fameux conte

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 Présentation :

” Le monstre se fit entendre.
Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. En voyant approcher la Bête, qu’elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d’un pas ferme, et d’un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au monstre et, se retournant vers la Belle, il lui dit : “Bonsoir, la Belle”.

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Mon avis :

Comme j’avais hâte de lire ce classique des contes légendaires. Après quelques heures de lectures, je dois avouer que je suis un peu déçue. C’est peut être dû à la version que j’ai choisie : celle de Mme de Villeneuve. La plus connue est celle de Mme de Beaumont. Maintenant j’ai envie de lire cette deuxième version pour comparer les deux. Je vais vous expliquer pourquoi.

Je me doutais que Disney avait « embellie » l’histoire bien sûr mais je ne m’imaginais pas que le dessin animé ne traitait que de la première partie du conte.

Bien qu’il y ait des différences entre la version populaire de Disney et le livre de Mme de Villeneuve, la première partie reste tout de même assez similaire dans l’ensemble : une homme se retrouve par hasard dans le château de la bête et celle-ci lui laisse la liberté s’il lui remet une de ses filles. Car oui le monsieur en a plusieurs. Ainsi que de nombreux fils. Mais d’entre les sœurs, seule la Belle est douce, attentionnée,  généreuse et aimante.  Elle se propose donc. L’histoire d’amour entre les deux personnages principaux n’est pas aussi flagrante  et rapide que dans le dessin animé (époque prude oblige) mais bien sur le dénouement est le même. L’aspect de la vie de la Belle avec sa famille a une part bien plus important dans cette version. Le château recèle aussi de secrets et de salles insoupçonnées qui joueront un rôle important dans les décisions que prendra la Belle. La Bête, quant à elle, reste mystérieuse et effacée assez longtemps, mais c’est finalement ce personnage qui est le plus intéressant à mon avis et se révèle petit à petit au cours de l’histoire.

La Rose, dans cette version n’est pas du tout enchantée mais jouera un rôle crucial dans l’histoire, que je vous laisse découvrir.  Comme le montre l’extrait de la quatrième de couverture, le style de l’auteur est travaillé et romanesque.

Cette première moitié est donc une bonne découverte de la version originale du conte. Il aurait pu s’arrêter là et ça aurait été parfait… mais nous ne sommes qu’à la moitié.

L’histoire prend ensuite une toute autre tournure qui ne pas emballée pour un sou. J’ai trouvé que ça venait comme un cheveu sur la soupe. Une histoire de roi et reine et fées. Une fée méchante, une autre gentille. Une histoire de belle-mère, d’enfant caché,  de princesse, etc. Bref, ça s’éloigne bien trop de l’histoire originale si vous voulez mon avis. Cette partie ne traite que de fées, personnages absents de toute la première partie du conte. J’ai trouvé cette césure très étrange et gâchant un peu la belle histoire de la Belle et Bête, qui pour moi est réglée à la moitié du roman. Cette partie raconte en fait les raisons de la transformations de la Bête, qui, contrairement à la version de Disney, n’est pas du tout due à son coeur de pierre (c’est bien dommage car je trouvais cette raison plus noble 🙂 ).

Il ne me reste plus qu’à découvrir la version de Mme de Beaumont pour voir comment elle a traité le sujet.

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La conclusion de la guenon :

Au final j’ai aimé découvrir le conte original de la Belle et la Bête avec néanmoins quelques réserves. J’ai été enthousiasmé par la première partie, très intéressante à mon avis. Par contre je reste énormément sur ma réserve pour la deuxième partie, que je trouve superflue et trop éloignée du reste du reste du conte pour faire sur l’ensemble une histoire fluide.  Dommage.

La rivière à l’envers – Jean-Pierre Mourlevat

Couverture La rivière à l'envers, tome 1 : Tomek

Note : 4.5/5

Thème : Quête initiatique d’un jeune garçon à la recherche d’une rivière légendaire.

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 Présentation :

“Ainsi vous avez tout dans votre magasin ? demanda la jeune fille. Vraiment tout ?” Tomek se trouva un peu embarrassé : “Oui… enfin tout le nécessaire…” “Alors, dit la petite voix fragile, alors vous aurez peut-être… de l’eau de la rivière Qjar ?” Tomek ignorait ce qu’était cette eau, et la jeune fille le vit bien : “C’est l’eau qui empêche de mourir, vous ne le saviez pas ?”

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Mon avis :

J’ai acheté ce livre grâce à la critique plus que positive de Charabistouille, qui m’a donné terriblement envie de le découvrir. Les romans philosophiques c’est pas trop mon trucs mais quand c’est mis à portée des enfants comme pour les contes initiatiques en général j’accroche assez bien.

Et là j’ai adoré ! Le style simple de l’auteur m’a séduite. Le monde magique dans lequel nous emmène le petit héros est une vraie bouffée d’air frais. Et puis j’ai trouvé la raison de sa quête attendrissante : une jeune fille, dont il tombe immédiatement amoureux, est à la recherche d’eau issue de la rivière Qjar. Touché par sa simplicité, il entreprend la long voyage à la recherche de la rivière à l’envers. En chemin il va faire la connaissance de nombreux personnages qui le guideront et le feront grandir. Les nombreuses péripéties que connaîtra Tomek sont très variées et terriblement attendrissantes. Le monde imaginé par l’auteur est plein de surprises et de lieux enchanteurs.

Avec son écriture simple et délicate; c’est un très bon roman pour enfants mais qui saura aussi toucher les cœurs des adultes comme moi. Monsieur Mourlevat vous êtes un véritable poète.

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La conclusion de la guenon :

Une petit roman jeunesse plein d’aventure et de magie que je conseille à tous ceux qui savent s’émerveiller des choses simples.

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Lu pour :

Tristan et Iseult – Anonyme

Couverture Tristan et Iseut / Tristan et Iseult

Note : 3/5

Thème : Amour caché entre Tristan, un noble, et Iseult, la femme de son roi.

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 Présentation :

Pour reconstituer l’histoire des deux amants les plus célèbres de la littérature, il a fallu plonger aux origines de la légende, qui serait apparue autour du VIIe siècle, et rassembler les fragments de poèmes du XIIe. Ainsi nous est parvenue,  l’incomparable ” estoire ” de Tristan et Iseut, victimes d’un philtre magique et unis par une passion fatale. Amour, destruction et mort, le mystérieux breuvage scelle un destin tragique. Car Iseut la Blonde est mariée au roi de Cornouailles, le généreux Marc, et Tristan, pour tenter d’échapper au destin, épouse Iseut aux blanches mains. Et la légende est magnifique. Car la geste de Tristan, émouvante et terriblement humaine, n’est rien d’autre que la première version de l’éternel roman de la passion illégitime et impossible…

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Mon avis :

Je n’irai pas par quatre chemins, je dois dire que je suis ressortie de cette lecture assez partagée. J’en attendais beaucoup, et comme le dit la 4ème de couverture, je m’attendais à une histoire d’amour envoûtante vue la célébrité de la légende…

Les rebondissements et les « aventures »  des deux amants sont intéressants sont vraiment divers et variés par contre j’ai vraiment eu du mal à accepter leurs « manigances » pour pourvoir continuer de s’aimer en secret. Et oui Iseult est mariée au roi qui est honnêtement un homme bon, gentil et amoureux d’elle.

Les deux amants ont toutes les qualités des héros de cette époque : droiture, force et générosité pour Tristan et beauté et… beauté pour Iseult. A côté de ça je les ai trouvé vraiment machiavéliques pour cacher leur amour, notamment Iseult qui n’hésite pas faire assassiner un pauvre forestier car il l’a surprise avec Tristan ou à demander à sa suivante de coucher avec son mari à sa place lors de sa nuit de noces, par exemple ! Non, mais c’est quoi ce comportement, sérieux ? Ce n’est pas parce qu’on est noble et folle amoureuse d’un grand et beau guerrier que cela justifie tous les agissements !

Bref, vous l’avez compris, je ne cautionne pas toutes les décisions prises par les 2 amoureux, même s’il est bien expliqué que leur amour est le fruit d’une potion qui les rend prêt à tout. On peut aussi y voir une allégorie de l’amour aveugle et profond qui nous conduit à faire tout pour l’être aimé, même si l’amour entre les deux est impossible. Cependant le fait de les présenter toujours comme les « grands gentils saints et innocents » m’a sacrément gonflé : ils n’hésitent pas à tuer des gens qui ont simplement dit en toute honnêteté la vérité sur leur compte, à mentir effrontément ou même à mettre au point des stratagème franchement pas très « convenables » pour faire taire les rumeurs (fondées !). Ces opposants sont présentés comme des personnes vils et mauvaises, c’est ça qui me tue le plus : ces personnages ne font que dire la stricte vérité !

A côté de ça, comme je l’ai dit, en lisant ce conte, nous avons l’impression qu’il y a de nombreuses scénettes et mini intrigues. Les aventures, surtout menées par Tristan sont des petits bijoux de « contes chevaleresques » de cette époque.  Les quêtes qu’il mène sont nombreuses et toujours différentes, avec une ambiance propre. J’ai beaucoup apprécié cette diversité, allant du combat avec un dragon à du camping en forêt ou encore la rencontre avec géant (pour ne citer que celles-là mais il y en a bien 10 autres !). La première partie, c’est-à-dire avant qu’ils ne boivent le « vin herbé », c’est-à-dire le philtre d’amour est certainement ma préférée. Et même, si je n’approuve pas forcément le comportement des tourtereaux, j’ai aussi bien aimé le coup de Tristan déguisé en lépreux qui doit traverser la mare de boue (je ne vous en dis pas plus…). La combine était ingénieuse et osée et rien que pour ça, il faut reconnaître que ça vaut le détour 🙂

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La conclusion de la guenon :

Au final j’ai plus apprécié l’esprit d’aventure du roman que l’aspect romantique. J’ai trouvé les deux tourtereaux prêts à tout pour garder leur amour secret, même si cela signifiait agir de manière peu convenable, en tout cas pour des personnages présentés comme des « héros parfaits ». Une bonne surprise niveau quêtes moyenâgeuses de légende, et plutôt une déception au niveau de l’amourette.

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Lu pour :

https://i2.wp.com/imageshack.us/a/img96/1695/classiquebadge.png  abc2013

Le Silmarillion – JRR Tolkien

Note : 4 /5

Thème : La Bible de la Terre du Milieu

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Présentation :

Les Premiers Jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché d’apprendre que la Lumière allait se perpétuer. Alors il enleva les Silmarils, les fit sertir dans son diadème et garder dans la forteresse d’Angband. Les elfes prirent les armes pour reprendre les joyaux et ce fut la première de toutes les guerres. Longtemps, longtemps après, lors de la Guerre de l’Anneau, Elrond et Galadriel en parlaient encore.

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Mon avis :

Depuis le temps que je “rêvais” de le lire, c’est à présent chose faite et je suis assez fière d’être arrivée au bout. Car oui, c’est quand même un gros morceau, ce Silmarillion. Je ne suis pas déçue du tout et je suis même enchantée d’avoir découvert toutes les aventures pré-Seigneur des Anneaux. Savoir comment tout ça a commencé, découvrir les héros du Premier-Âge (le SdA se déroule au 3ème pour ceux qui se le demanderaient) a été une belle aventure. Si vous avez toujours voulu connaitre l’histoire de Numénor, de la première guerre de l’anneau, de la Chute de Godolin ou de la belle Tunivel qui est chanté plusieurs fois dans le Seigneur des Anneaux, ce livre est pour vous.

Pour les fans de Tolkien, c’est LE livre de référence, la Bible de la Terre du Milieu. Pour les autres, passez votre chemin…

Le livre est très complet et assez complexe à suivre : comme à son habitude Tolkien introduit beaucoup de personnages et de lieux qui ont divers noms suivants ceux qui en parlent. Du coup il faut rester accroché sans quoi on risque de s’emmêler les pinceaux.

Le livre est divisé en différente histoires/contes partant de la Création du Monde et de la Terre du Milieu (Arda) à la chute de Morgoth (le “grand méchant” qui meurt à la fin du premier âge) avec 2 contes supplémentaires : la Chute de Numénor (fin du 2ème âge. Pour ceux qui se demande ce qu’est Numénor ce sont les hommes dont descend Aragorn et qui ont une durée de vie très longue) et l’Histoire de l’Anneau (dont le Seigneur des Anneaux relate la dernière partie). Les histoires peuvent être prises séparément même si lire les contes précédents est fortement conseillé pour bien comprendre. Certains contes sont assez descriptifs et permettent de planter le décors alors que d’autres sont de vraies aventures. Dans tous les cas, bien que l’on reconnaisse la plume de Tolkien, on voit cependant que ce ne sont des des “résumés” d’histoires qui pourraient être très longues et complexes : les actions s’enchaînent et les descriptions des décors et des personnalités sont minimales. C’est d’ailleurs ce qui m’a un peu pesé : tout est bref et on n’a presque pas le temps de s’attacher à un personnage.

Mais malgré ça j’ai grandement apprécié d’avoir cet aperçu des légendes de Tolkien. Deux m’ont particulièrement plu : La Légende de Luthien Tunivel et celle de Turin Turambar.

L’histoire de Turin est d’ailleurs détaillée dans Les Enfants du Hurin, que je lirai peut-être. Ca me permettra d’avoir une version moins “éclair” de cette très belle légende. S’il ne fallait en lire qu’une c’est celle-là que je vous conseillerais.
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La conclusion de la guenon :

4 étoiles donc car c’est très bon livres pour les fans de Tolkien, très complet avec des contes et des héros surprenants. Mais il perd une étoile à cause la “brièveté” de ces contes.

L’Alchimiste – Paulo Coelho

Couverture L'Alchimiste

Note : 3,5/5

Thème : quête philosophique d’un jeune berger pour trouver « son trésor personnel ». A lire au second ou 3ème degré.

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Présentation :

Un jeune berger andalou, Santiago, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des pyramides. Il découvrira pendant son périple la clef d’une quête spirituelle. ‘L’ Alchimiste’ est le récit d’une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Dans le désert, initié par l’alchimiste, il apprendra à écouter son coeur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Destiné à l’enfant que chaque être cache en soi, ‘L’ Alchimiste’ est un merveilleux conte philosophique, que l’on compare souvent au ‘Petit Prince’, de Saint Exupéry, et à ‘Jonathan Livingston le Goéland’, de Richard Bach.

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Mon avis :

Je partais avec beaucoup d’appréhension à la lecture de ce livre. En général je n’accroche pas avec les romans philosophiques, à part quelques exceptions comme le Petit Prince, que je me plqis à lire et à relire.

Finalement j’ai plutôt était agréablement surprise par cette histoire. Bien sûr, certains passages sont exagérés, comme à la fin quand le héros parle au vent, au soleil et tout le reste mais ce n’est évidemment pas à lire au premier degré ! Cette histoire est un beau conte initiatique avec de belles idées et une écriture simple et agréable à lire.

Il y a certains passages que j’ai particulièrement aimés mais c’est surtout de petites phrases par ci par là qui m’ont « touchée », plus que l’histoire principale.

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La conclusion de la guenon :

Au final un conte initiatique à ne pas prendre au premier degré car certaines scènes sont juste im-po-ssi-bles mais les réflexions sont intéressantes. Une assez belle découverte.

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Lu pour :

abc2013

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Vous aimerez peut-être :

  • Le petit prince – St Exupéry
  • L’homme qui voulait être heureux – Laurent Gounelle

Sleepy Hollow, La légende du Cavalier sans tête – Washington Irving

Couverture

Note : 3,5/5

Genre : dans un village bien  tranquille et bucolique où l’on croit aux histoires de fantômes, on finit toujours par en croiser un.

Présentation :

A la fin du XVIIIe siècle, un vallon ensommeillé sur les bords de l’Hudson où vit une paisible communauté d’origine hollandaise… La légende qui s’y colporte d’un fantomatique cavalier furieux vient à menacer la quiétude de ses habitants. On raconte qu’il décapite dans sa course folle tous ceux qu’il rencontre, et lui-même serait sans tête… Sur un ton parodique, Washington Irving (1783-1859) brocarde un rêve américain qui tourne rapidement au cauchemar. La Légende du Cavalier sans tête constitue un surprenant mélange d’enchantement et de fantastique. Tim Burton s’est approprié cet univers pour en donner une version très noire dans son dernier film, Sleepy Hollow.

Mon avis :

On m’avait prévenue : il ne fallait pas que je m’attende à retrouver l’ambiance du film de Tim Burton, qui soit dit en passant, j’adore. En effet je n’ai pas retrouvé grand chose de similaire à part le nom du lieu (Sleepy Hollow = Val Dormant, pour les nuls en anglais ^^), le nom du personnage principal (juste le nom hein, pas la personnalité ni tout le reste) et le fantôme : le cavalier sans tête.

Pour le reste, si vous voulez retrouver l’enquêteur déluré joué par Johnny Depp ou encore l’atmosphère d’angoisse et de meurtres inexpliqué du film, passez votre chemin. En fait, vous aurez tout simplement l’impression de lire une autre histoire, ou alors peut être une de ces apparitions passées légendaires qu’on attribue au Cavalier sans Tête dans le film.

Ichabod Crane, jeune maître d’école paisible du Val Dormant, ultra-superstitieux et aimant se promener dans les environs de son école, tombe amoureux de la belle Katrina Van Tessel, fille du plus riche fermier du coin. Enfin il tombe surtout amoureux de sa fortune et de la belle maison familiale. Bref, un brave garçon mais quand même bien opportuniste  Son plus grand rival pour le coeur de la belle : le grand, fort et doux comme un grizzli Brom Van Blunt. Comment Ichabod va réussir à séduire la belle ?

Voila, vous avez lu les trois quarts de la nouvelle, d’environ 50 pages en tout. Cela étant dit je dois avouer que j’ai trouver ce tout petit ouvrage trop mignon : un mini format vraiment de poche. Comme on dit, tout ce qui est petit est mignon.

Vous vous rappelez de cette scène dans le film où de nuit, Ichabod est pourchassé par le cavalier sans tête près d’un petit pont, non loin de la demeure des Van Tessel ? Oui ? Bien. Ca sera la seule apparition “mystique” du cavalier que Tim Burton aura repris dans son film, pour la simple et bonne raison que c’est le seule du livre. J’ai attendu ce moment tout le long de la nouvelle et il faut dire que l’ambiance glaciale et à faire froid dans le dos est assez bien rendue par Irving. Je regrette seulement que ce ne soit que la seule petite aventure à se mettre sous la dent.

La conclusion de la guenon :

A côté de ça, le style d’Irving est agréable, avec des petite touches d’humour d’époque. Ses personnages et les lieux sont sympathiques, même malgré leur défauts. Bref une lecture agréable mais qu’il ne faut surtout pas comparée au film sinon, on est forcément déçu. Pris à part c’est une bonne petite nouvelle bien ficelée mais qui ne mérite peut être pas l’étiquette fantastique-horreur. Une fin plutôt sympathique.

 

Le petit plus :

Allez, rien que pour le plaisir  je vous mets la bande annonce du film, qui est tout simplement géniale et dans la lignée des films de Tim Burton : gothique, sombre mais en même temps plein d’humour et décalé.

 

Lu pour :

Challenge ABC 2012

 

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  • De Grey, histoire romantique – Henry James
  • La Vénus d’Ille – Prosper Mérimée
  • La morte amoureuse – Théophile Gautier
  • Histoires Extraordinaires – Edgar Allan Poe

Le bar sous la mer – Stefano Benni

Note : 4/5

Genre : petites nouvelles en tout genre racontées par les personnages de la couverture

Présentation :

Pour sauver un vieil homme qui s’est jeté à l’eau, un promeneur plonge et découvre que le vieillard nage tout simplement vers un bar au fond de la mer ! Il l’accompagne et va vivre là une bien étrange nuit, car les clients de ce bar branché sur les hautes ondes de l’imaginaire se révèlent des conteurs comme on rêve d’en rencontrer. Qui parodie quoi (ou qui) ? Au lecteur de jouer le jeu et d’entrer dans ce labyrinthe de pastiches où se mêlent savoureusement humour et littérature.

Mon avis :

Je crois bien que c’est un des livres les plus anciens de ma PAL. Cela faisait des années que je voulais le lire mais je n’en n’avais pas encore eu l’occasion. Plus que les nouvelles en elles-mêmes, ce qui m’avait fascinée à l’achat de ce livre très peu connu, c’est le contexte et la manière dont les différentes petites nouvelles nous sont présentées : chaque personnage du Bar Sous la Mer, présents sur la couverture (je vous ai mis l’image de la version originale où l’on voit mieux les personnages), raconte une histoire. Et puis, un bar, sous la mer, quelle idée géniale ! Bref, la forme était très alléchante.

Les nouvelles racontées sont vraiment diverses et variées, ne se cantonnant pas à un style, et j’ai trouvé ça super, car souvent, je trouve les recueils assez redondants. L’auteur imite plusieurs styles d’écriture, touche à tous les genres littéraires (épouvante, drame, humour, absurde, romance, etc.)  et fait coller le tout au personnage : La Petite Fille raconte une histoire où un petit garçon et une petite fille jouent sur la plage, L’Homme à la Mèche (le Rocker) raconte une histoire de débauche californienne, et j’en passe.

La conclusion de la guenon :

Bref j’ai été séduite par ce recueil et j’ai passé un bon moment de lecture. Il y a des nouvelles qui m’ont particulièrement plu, notamment Oléron, La Traversée des petits vieux et Histoire Courte. Les autres sont très bien aussi mais j’ai une petite préférence pour ces trois-là. Les chutes sont toujours bien trouvées. J’ai souvent ri (des fois jaune) ou été bluffée.

 

Le petit plus :

Je vous fais découvrir en exclu une des nouvelles, Histoire Courte, que j’ai beaucoup aimée. Elle a l’avantage d’être très courte et donc rapide à recopier. Il s’agit de l’histoire racontée par la Puce du Chien Noir.

« Il était une fois un homme qui ne parvenait jamais à finir ce qu’il commençait. Il comprit qu’il ne pouvait plus continuer ainsi. C’est pourquoi il se leva un beau matin et dit : « J’ai pris une décision, dorénavant, tout ce que je commen… » »

 

Lu pour :
Challenge ABC 2012

 

Vous aimerez peut être aussi :

  • Le K – Dino Buzzati
  • Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part – Anna Gavalda
  • L’homme au parapluie et autres nouvelles – Roald Dahl
  • Les pieds dans la boue – Annie Proulx
  • Nouvelles Extraordinaires – Allan Edgar Poe

Coraline – Neil Gaiman

Note : 5/5

Genre : Conte initiatique où les souris dansent, les chats parlent et les parent sont un peu flippants…

Présentation :

Coraline est une petite fille d’une dizaine d’années qui aime par-dessus tout explorer.  Elle et sa famille viennent d’emménager dans un nouvel appartement et elle s’ennuie terriblement; ses parents sont toujours occupés, ils voudraient lui faire manger de la nourriture qu’elle n’aime pas et surtout, elle s’ennuie terriblement.  Pendant l’une de ses missions d’exploration, elle découvre que l’une des portes de la maison, celle qui donnait auparavant sur un mur de brique, semble soudain l’amener quelque part.  Elle se retrouve alors dans l’exacte reproduction de son appartement, où une dame qui se dit son autre mère l’accueille.  Ces autres parents ont tout leur temps pour Coraline… sauf que leurs yeux sont un peu étranges…

Mon avis :

Les meilleurs romans ne sont pas forcément les plus longs. Le Petit Prince, Soie et bien d’autres le prouvent. Coraline en fait partie.

Je partais avec un mauvais à priori sur ce livre : j’avais vu la bande annonce du film et je n’avais pas été du tout tentée. Ca me paraissait glauque, glauque, glauque ! Finalement j’ai acheté le livre parce qu’il était petit, limite culte et que je suis tombée dessus alors que j’ne cherchais un autre que je ne trouvais pas.

Finalement le destin fait bien les choses et comme on dit, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis car j’ai été comblée par ce roman.

L’ambiance, assez sombre voir gothique, comme de nombreux romans de Gaiman (Neverwhere, L’Etrange vie de Nobody Owens) peut sembler pesante ou donner des frissons mais moi j’ai adoré ! J’ai l’impression qu’on me sert du Tim Burton en livre.

Ici nous suivons une petite fille, Coraline,  qui rêve d’une vie où son père jouerait plus avec elle ou sa mère serait plus câline, où ses jouets seraient animés et où les chats parleraient. Bref un monde plus cool. Et coup de chance, elle découvre ce monde parallèle derrière une porte cachée de sa maison. Sauf que ce monde n’est pas si rose que ça. Le paradis devient vite un enfer.  Merci au monstre possessif et machiavélique qui se fait passer pour son « autre » mère.

Un joli conte initiatique qui nous apprend à apprécier la vie qu’on a et que le bonheur n’est pas forcément là on le croit. Que les défauts sont aussi attachants que les qualités chez les gens qu’on aime. A lire par les jeunes (s’ils n’ont pas peur du noir !) et par les moins jeunes. Chacun y trouvera des choses intéressantes.

 

La conclusion de la guenon :

En un mot comme en cent : génial ! Sautez dessus ! Très bon conte pour enfants mais pas que. Du Neil Gaiman dans toute sa splendeur. Presque un coup de cœur.

 

Vous aimerez peut être aussi :

  • Peter Pan – James M. Barrie
  • Le K – Dino BUzzati
  • Le Magicien d’Oz – L. Franck Baum
  • Contes – Hans Christian Andersen
  • Mieux vaut en rire – Roald Dahl