Nord et Sud – Elizabeth Gaskell

Note : 4/5

Thème : Romance sur fond socio-politique dans l’Angleterre Victorienne.

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 Présentation :

C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Eglise et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

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Mon avis :

Enfin ma chronique sur ce livre que j’ai lu en LC avec Céline (qui, elle, a posté sa critique dans les temps). Que dire sur ce roman ? Beaucoup de choses. Je commencerai par dire que si vous aimer les intrigues à la Jane Austen, Charlotte Brontë et autres du genre, ce livre est pour vous : on retrouve l’écriture recherchée sans être lourde de cette époque.

Côté histoire, disons que la romance n’est pas loin et assez proche de celle d’Orgueil et Préjugés : une jolie jeune femme pas forcément issue d’une très bonne famille qui a le verbe haut et ose dire ce qu’elle pense en face d’un homme d’apparence brusque et distant. Bref vous voyez le tableau.

Ce qui différencie ce roman d’Elizabeth Gaskell de ceux de ses consœurs, c’est le cadre socio-politique bien  plus marqué. Quand dans les autres œuvres, celui-ci sert d’environnement au roman, dans Nord et Sud il y a une véritable réflexion dessus et d’est un des fils conducteurs du récit. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé le fait que l’auteure ne dépeigne aussi bien la noblesse oisive, les bourgeois riches et travailleurs que la classe ouvrière. Cette dernière tranche de la population est trop souvent oubliée des romans de l’époque, comme s’elle ne méritait pas qu’on s’y arrête. L’auteure met en avant les besoins et les intérêts de chacun et nous propose une image de la vie d’alors, sans qu’aucune classe ne soit montrée du doigt comme fautive. J’ai beaucoup aimé cette approche. Thornton représente la bourgeoisie qui a réussi à s’enrichir à force de travail et la famille de Margaret, la petite noblesse sur le déclin. Au cours du roman Margaret va se lier d’amitié avec certains ouvriers et écouter leur revendication non dénuées de sens mais elle sera déchirer entre leur venir en aide et donner raison à Thornton, leur patron, dont les faits et gestes se justifient aussi. Les différences entre le Sud campagnard et le Nord industriel de l’Angleterre (que personnellement je n’avais jamais perçu jusque là) sont aussi la fibre du roman et le nœud d’incompréhension entre le 2 personnages principaux au départ.

Et au milieu de tout cela, vous vous en doutez, la relation entre Margaret et John Thornton va jouer un rôle phare. Au début ils ne s’entendent pas, mais alors pas du tout et puis au fur et à mesure que le roman avance, la vision qu’ils ont l’un de l’autre change progressivement.

Une belle écriture donc, un cadre très intéressant et des personnages attachants malgré leurs défauts. J’ai donc beaucoup aimé mais, car il y a un « mais », tout n’est pas parfait non plus. Je dois avouer que le personnage de Margaret m’a plus d’une fois agacée. Son côté hautain donnait envie de lui mettre des baffes par moment même si les autres aspects de sa personnalité sont très louables (fille dévouée, intelligente, plein de compassion, etc.). Alors que je n’ai pas ressenti cela une seconde pour Thornton, au contraire ce personnage se dévoile au fur et à mesure du roman et on s’y attache de plus en plus. Dans le genre, il fait penser à Darcy. Il y a aussi  certains passages traînaient parfois en longueur. Je me suis surprise des fois à avoir envie de sauter des pages pour aller à la scène suivante. Par exemple, les moments où l’auteure décrivait les journées moroses du vieux pasteur et tous les soins de sa fille pour lui redonner le moral ont fini par m’agacer car j’avais l’impression d’avoir toujours la même mélodie qui revenait en boucle (pauvre pasteur dépité et sa fille dévouée qui fait tout pour lui, blablabla, oui bon ça va on a  compris ^^). C’est qu’il avait souvent le moral au plus bas le bonhomme .

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 La conclusion de la guenon :

Au final un  bon roman de l’époque victorienne avec toutes les particularité des récits de cette période. Le mise en place petit à petit d’une romance est donc obligatoire mais ici le cadre historique tant au niveau de l’organisation sociale entre les classe qu’entre le Nord et le Sud est très marqué et le fil rouge du roman. A lire.

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Lu pour :

challenge-des-100-livres-chez-bianca abc2013 globreaderschallenge > Nord de l’Angleterre, probablement comté du Grand Manchester

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Le petit plus :

Il existe un mini  série TV réalisé en 2004 par la BBC (décidément la BBC produit des bons programmes). Je l’ai regardé avant de lire le livre et je l’ai trouvé plutôt fidèle malgré le choix de l’actrice principale qui me laisse un peu sceptique. Sinon le reste du livre, notamment l’ambiance est très bien retranscrite. En plus, c’est Richard Armitage (vous savez, Thorin dans le Hobbit ; mais en vrai, il est canonesque  🙂 )  qui joue Thornton et rien que pour ça, la série mérite d’être regardée !

Désolée je n’ai pas trouvé de bande annonce en français mais les images parlent d’elles mêmes 🙂

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14 thoughts on “Nord et Sud – Elizabeth Gaskell

  1. Pingback: Challenge des Globe Readers | Lectures d'une guenon

  2. J’adore cette adaptation ! Les anglais sont vraiment doué pour adapter les romans je trouve ^^
    Contente qu’il t’ai plus, c’est vrai que son grand plus, c’est le contexte que retranscrit avec beaucoup de justesse Gaskell. On a l’impression d’être dans une réalité alors que dans Austen par exemple, j’ai plus le sentiment d’être dans un microcosme où tout est possible (même s’il y a quelques évocations de la conditions sociales de chacun.). Enfin bref, ravie qu’il t’ai plu (malgré les longueurs =d)

    • JE suis bien d’accord avec toi pour Jane Austen, en tout cas c’est ce que j’ai perçu en lisant Orgueil et Préjugés : il y a les Bennet, Darcy, et deux ou trois voisins et puis voilà. On gravite autour de ces personnages mais le reste du monde semble à des années lumières.

      • C’est exactement ça ! C’est une très jolie histoire mais c’est vrai qu’avec Gaskell on a moins ce sentiment d’oppression même si j’adore Austen quand même ^^

  3. Pingback: Nord et Sud – Elizabeth Gaskell | Les Livres de Céline

  4. Cette adaptation est mon prochain achat sur price minister dès que j’ai des sous dans mon porte monnaie ^^ J’ai vraiment hâte de la voir !
    J’ai également trouvé Margaret agaçante mais par contre je n’ai pas été gênée par les longueurs comme toi.
    En tout cas, je suis contente d’avoir partagé cette lecture avec toi et j’espère que ce ne sera pas la dernière 🙂

    • J’ai la série sur mon PC si tu veux. Préviens moi par mail si tu veux que je te les passe via Dropbox 😉
      Idem, je suis partante pour une autre LC avec toi ! D’ailleurs je vais de ce pas regarder ta PAL pour voir si on aurait pas des livres en commun ^^

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